« Jukebox Motel » T1 : celui qui est parti avec la musique de Johnny Cash…

En 1967, Thomas Shaper est encore un peintre qui cherche sa voie, lorsque Andy Warhol le remarque. Un succès qui peut faire perdre la tête ! Parti vers la Californie, en proie aux doutes amoureux et artistiques, le jeune homme rencontre le chanteur country Johnny Cash qui n’aspire qu’à une chose : trouver un lieu de sérénité, pour échapper au <em>star system</em>… Shaper va transformer ce rêve pour en faire sa propre quête intérieure, dans l’Amérique fantasmée des années 1960. Musique pour le label Grand Angle : « I Will Rock and Roll With You » !

« Le Combat ordinaire : l’intégrale » par Manu Larcenet

En ce mois de novembre propice aux commémorations et aux souvenirs, les éditions Dargaud proposent une réédition du « Combat ordinaire », dont les 4 tomes sont réunis dans une nouvelle intégrale. Ce combat, c’est celui livré aux débuts des années 2000 par Marco, un photographe trentenaire angoissé par les perspectives de la vie : l’engagement amoureux, la satisfaction de son travail, le rejet du passé, le dialogue paternel, le rapport à l‘environnement et finalement une ironique réflexion psychologique permanente sur l’ensemble de ces thèmes consacreront la série humaniste de Manu Larcenet. Ce dernier recevra en conséquence le prix du meilleur album au festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2004. L’occasion, ici, de se pencher de nouveau sur chacune des couvertures proposées...

« Billy the Cat : l’intégrale T1 » par Stéphan Colman et Stephen Desberg

De nouveau proposé ce mois-ci en intégrale par Dupuis dans ses collections patrimoniales (1), « Billy the Cat » demeure comme l’une des plus belles réussites scénaristiques et graphiques des années 1980 et 1990, dont l’émotion ne s’est pas envolée au fil des années. Apparue une première fois dans les pages du Journal de Spirou dès 1981, cette série renaîtra en 1989 au profit d’une première aventure intitulée « Dans la peau d’un chat » : Billy Colas, un jeune garçon odieux notamment envers les animaux, se fait subitement renverser par une voiture. L’au-delà lui ayant offert une seconde chance, il sera ramené à la vie sous l’apparence d’un bien faible chaton, devant dès lors surmonter tous les dangers et accomplir assez de bonnes actions pour espérer redevenir un jour humain...

« De cape et de crocs T11 : Vingt Mois avant » par Jean-Luc Masbou et Alain Ayroles

En avril 2012 et après que le rideau soit tombé sur un dixième tome (« De la Lune à la Terre »), les aventures de Don Lope de Villalobos et d'Armand de Maupertuis avaient abandonnées leurs nombreux lecteurs sur une ultime interrogation : entre duels de bons mots et citations littéraires à fleurets mouchetés, comment l’énigmatique lapin Eusèbe avait-il donc bien pu se retrouver dans pareille galère ? Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, forts d’une saga aux personnages truculents et aux situations finement décrites, nous livrent ici le premier volume d’un récit en deux actes qui formera l’introduction et la conclusion de « De cape et de crocs »…

« Les Reportages de Lefranc T6 : La Bataille des Ardennes » par Olivier Weinberg, Alain Maury, Yves Plateau, Jacques Martin et Isabelle Bournier

Dans la profusion d’albums initiée en parallèle des commémorations de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, la série documentaire des « Reportages de Lefranc » tient une place d’exception. Relancée en 2011 chez Casterman après trois précédents albums des « Voyages de Lefranc » consacrés à l’histoire de l’aviation, cette série a le grand mérite de bénéficier du précieux concours d’Isabelle Bournier (directrice culturelle et pédagogique du Mémorial de Caen). Cette dernière livre dans l’actuel « La Bataille des Ardennes » l’enchaînement précis des faits survenus il y a 70 ans, depuis le déclenchement de la contre-offensive allemande (dans la nuit du 15 au 16 décembre 1944) jusqu’au reflux de la mi-janvier 1945, en passant par les épisodes tragiques du massacre de Malmédy ou le siège de Bastogne. Illustré par Olivier Weinberg (secondé par Alain Maury et Yves Plateau), l’ensemble est d’une indéniable grande richesse... comme le démontre chaque visuel de couverture !

« Le Voyage improbable T1 : Première partie » par Turf

Ayant achevé un long périple dans le royaume d’Eauxfolles (7 albums et un hors-série pour « La Nef des fous », de 1993 à 2009), Turf avait signé en 2011 et 2012 le diptyque humoristique « Magasin sexuel ». Dans « Le Voyage improbable », paru chez Delcourt depuis début octobre 2014, l’auteur nous entraîne dans un huis clos stratosphérique et décalé, en compagnie d’un professeur en paléontologie adepte du cigare, de quelques uns de ses étudiants, de deux confrères, et du propriétaire du phare d’Ouestan, qui vient subitement de décoller vers l’espace ! En couverture, le lecteur prendra le parti d’en rire ou d’en frémir, mais assurément de se passionner pour ce premier tome... selon toute probabilité.

« Soda T9 : Et délivre nous du mal » par Bruno Gazzotti et Philippe Tome

Enfin de retour au profit d’une treizième aventure intitulée « Résurrection », le personnage de Soda avait disparu des pages hebdomadaires du magazine <em>Spirou</em> depuis déjà neuf ans. Ce polar à la fois sombre et humoristique est né en 1985 du croisement des talents scénaristiques de Philippe Tome et illustratifs de Luc Warnant. Ce dernier passera la main à Bruno Gazzotti en 1989, pendant la gestation du troisième titre de la série («Tu ne buteras point », paru en 1991 dans la collection <em>Repérages</em>). C’est aujourd’hui au tour de Dan Verlinden, ex-assistant (tel Gazzotti) de Janry sur « Le Petit Spirou », de reprendre la destinée graphique du personnage de David Solomon, policier new-yorkais aux méthodes dignes de « L’Inspecteur Harry ». Pour le présent article, et toujours afin de mieux comprendre les procédés et techniques narratives employés par les différents auteurs évoqués, notre choix s’est porté sur la spectaculaire planche introductive du 9ème album de la série, « Et délivre nous du mal » (Dupuis, 1997). Un album particulier, dans la mesure où il nous emmène en voyage dans l’ouest américain, entre histoire des USA et racines paternelles du personnage...

« L’Homme de l’année T7 : 1894, l’homme à l’origine de l’affaire Dreyfus» par Florent Calvez, Fred Duval, Manchu et Fred Blanchard

En 1894, la France dévoile une âme rongée par l’antisémitisme, les scandales financiers et un esprit revanchard lié à la Guerre de 1870. C’est dans ce cadre vicié que l’espion Esterházy va être découvert, lorsqu’une femme de ménage livre aux services secrets français les morceaux d’un bordereau qu’il a écrit et envoyé aux Allemands. Pourtant, le traître ne sera pas inquiété. Car l’État-major préfère alors accuser et condamner injustement un officier juif : Alfred Dreyfus... Entre ombres et lumières, vérités et mensonges, une silhouette s'avance en couverture.

« Wonderball T1 : Le Chasseur » par Colin Wilson, Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard

Dans le sillage d’un « Inspecteur Harry » ou d’« Un Justicier dans la ville », Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Colin Wilson (assistés et coordonnés par Fred Blanchard) renouent avec le polar nerveux des années 1970-1980. Dans « Wonderball », surnom donné par ses collègues à l’inspecteur Spaddaccini, toute la ville de San Francisco est en effervescence : 20 ans après l’assassinat de Kennedy, un mystérieux tueur vient en effet d’abattre en quelques secondes 9 personnes depuis le toit d’un immeuble. Les dossiers sont-ils liés ? Et que cache au juste le passé trouble des fantômes de l'Histoire ?

« La Nuit des morts-vivants T1 : Les Fautes du père » par Elia Bonetti, Ronan Toulhoat et Jean-Luc Istin

Sorti sur les écrans américains le 1er octobre 1968, « La Nuit des morts-vivants » de George Romero reste encore à ce jour l’un des plus grands classiques du genre horrifique. Production indépendante et engagée à succès, le film allait générer au fil des décennies un grand nombre de suites (cinq films signés Romero, de 1978 à 2009), remakes et citations. S’étant jusqu’ici un peu plus tenue à l’écart, la bande dessinée franchit le pas avec cette adaptation signée par Jean-Luc Istin (« World war wolves », Soleil Prod.) et illustrée par Elia Bonetti (« L’Ordre des dragons » et « Dogma », Soleil Prod.). Le sort du genre humain ne tient plus qu’à un fil, alors qu’une étrange contamination ramène tous les morts à la vie...