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Joe Simon connait bien l’éditeur Martin Goodman depuis « The Fiery Mask » de Daring Mystery Adventures n°1.

Rappelons que Martin Goodman, s’était lancé, dès 1939, dans l’aventure des comic books avec Marvel Comics # 1, un magazine qu’il avait confié au Funnies Inc. de Lloyd Jacquet où, comme on l’a dit, Joe Simon travaillait.

Chez Timely, Simon et Kirby vont illustrer un grand nombre de pulps (Marvel Stories, Complete Detective Cases, Detective Short Stories, Complete Sports, National Detective Cases, Uncanny Stories, Western Short Stories…)(1) qui paraissent sous le label déclinant Red Circle).

Pour augmenter ses profits, Goodman voudrait se passer de Funnies Inc.. Le travail de S & K sur ses pulps l’ayant convaincu, Goodman propose à Joe et Jack les postes respectifs de directeur de publications et directeur artistique de sa branche comic book. Simon demande le double de ce qu’il touchait chez Funnies Inc. et un salaire fixe pour Kirby (afin qu’il quitte Fox et Lincoln pour de bon). Simon ne veut pas de clause de non concurrence, afin qu’ils puissent continuer de travailler ailleurs en free-lance. L’affaire est conclue. Simon touche désormais $85 par semaine, plus $12 par planche. Kirby se retrouve avec $75 par semaine, le plus gros salaire qu’il ait jamais eu jusque là, et quitte enfin ses emplois alimentaires.
Simon et Kirby prennent leurs fonctions chez Timely en avril 1940. Ils lâchent la location de leur petit studio de la 45e rue pour travailler à plein temps dans les bureaux de la 42e rue (économisant au passage un loyer de $25). Goodman charge d’abord Simon de mener la vie dure à Funnies, Inc., en demandant de nombreuses corrections sur les histoires. Lloyd Jacquet finit par jeter l’éponge et vend à Timely les droits des personnages qu’il distribuait. Simon peut dorénavant traiter directement avec les auteurs qui l’intéressent (notamment Carl Burgos pour « Human Torch » et Bill Everett pour « Sub-Mariner »).
S & K vont contrôler la production de Timely entre 1940 et fin 1941, insufflant un style particulier à cette maison d’édition… et à l’industrie toute entière, sublimant au passage la façon de raconter les histoires sur ce nouveau support et tirant avantage du format (les pages entières, la continuité…), en privilégiant l’action par la dynamique des personnages et les découpages cinématographiques. Même s’ils ne sont pas les premiers à le faire, ils seront indiscutablement les meilleurs… Kirby explique dans une interview accordée à Greg Theakston(2) : « Je dessinais à un rythme d’enfer. C’est pour cela que mes personnages ont commencé à se déformer. Mon instinct me disait qu’une silhouette devait être exagérée pour avoir de l’énergie ». Et cette idiosynasie s’imposera aux comic books…
L’été 1940, Simon édite tous les titres de Timely : Marvel Mystery Comics, Daring Mystery Comics, Mystic Comics… Joe passe son temps à courir entre le bureau de Goodman et les imprimeurs. Jack ne lève pas la tête de sa planche à dessin, dans les bureaux de Timely.

Avec cette réussite professionnelle, Jack devient plus sociable et prend de l’assurance. Joe et lui s’entendent comme larrons en foire avec Arthur Goodman (le frère de Martin, responsable des couleurs des magazines) et l’imprimeur.
Goodman décide de confier au tandem le lancement d’une nouvelle revue : Red Raven Comics (qui deviendra Human Torch à son deuxième numéro, sur décision de Goodman pour mieux spéculer sur ses personnages, bien avant qu’il n’ait les résultats de ventes du numéro).
S & K produisent « Red Raven » (dont ils laissent le dessin à Louis Cazeneuve), « Mercury » (un dieu évoluant parmi les hommes, sujet que Jack reprendra à de nombreuses reprises) et « Comet Pierce » (la première histoire signée Jack Kirby et publiée comme telle) pour Red Raven Comics #1. Ils font également « The Vision » pour Marvel Mystery Comics (#13-27), une sorte de super sorcier inspiré du « Spectre » de More Fun Comics (National Periodical) et préfigurant « Dr. Droom » et « Dr. Strange ». Ils livrent enfin « Marvel Boy », co écrit par Martin Burstein (une réincarnation d’Hercule affrontant les armées d’un dictateur moustachu nommé Hiller), « Captain Daring » et « The Fiery Mask » (l’ancien personnage de Simon) dans Daring Mystery Comics, sans oublier quelques jolies couvertures pour Marvel Mystery Comics, Mystic Comics, Daring Mystery Comics...

Mais surtout, ils produiront les dix premiers numéros de Captain America Comics(3).
« Captain America » nécessitera un article à lui tout seul (bientôt en ligne sur ce site). Précisons quand même que, malgré ce que laisse penser sa couverture, le n°1 est réellement sorti en décembre 1940 (avec une date de couverture de mars 1941), soit douze mois avant Pearl Harbor et l’entrée en guerre des USA. S’il n’est pas le premier super-héros patriote(4), Captain America est le plus célèbre. Assisté du jeune Bucky, lui aussi masqué (un faire-valoir ou « side-kick » inspiré du Robin de « Batman »), ils affrontent des menaces aussi incroyables qu’imaginatives, souvent liées aux forces de l’Axe… Hitler lui-même en fait les frais !

Sur de son coup, Joe Simon réclame à Martin Goodman des intéressements sur ce titre. Il obtient 25% des ventes (15 % pour lui et 10 % pour Kirby). Et le numéro 1 se vend à près d’un million d’exemplaires, faisant du titre l’un des plus grands succès du Golden Age…
Dans les pages de Captain America Comics, d’autres héros plus fugaces de S & K voient également le jour (notamment « Tuk, The Cave Boy » et le « Mercury » de Red Raven, rebaptisé « Hurricane » pour l’occasion, repris par la suite par Al Avison et Al Gabriele).

Pour tenir les cadences infernales, S & K monte un atelier dans les bureaux de Timely où les scénaristes Ed Herron (de chez Fox, l’auteur du « Red Skull ») et Martin Burstein, les encreurs habituels Al Avison, Al Gabriele, George Roussos, Bernard Klein, Syd Shores, Reed Crandall (le futur dessinateur de Quality et EC) et occasionnels Al Liederman (sur le n°1), Mike Sekowsky, Mort Meskin…, sans oublier le lettreur Howard Ferguson, collaborent à l’élaboration des planches du héros national. Pour donner une homogénéité à l’ensemble, le travail fini repasse entre les mains de Jack qui l’encre à nouveau. Kirby arrive à produire jusqu’à neuf pages par jour.
« Tous le monde s’entraidait. On avait tous de bonnes relations de travail, mais il y avait des barrières sociales très marquées entre ceux qui faisaient les magazines, les directeurs de publications et les éditeurs. Nous avons été les premiers à casser le moule », explique Jack dans une interview conduite par James Van Hise(5).

En parallèle, Simon et Kirby éditent cinq nouveaux comic books : Sub-mariner Comics (avec le personnage-titre d’Everett), Human Torch (prenant la suite de Red Raven Comics et publiant le héros de Burgos), USA Comics (ils y font des splash pages et recyclent une histoire de « Captain America » refusée de Avison & Gabriele en un épisode du « Defender »), All Winners où sont réunis « Sub-mariner », « Human Torch » et « Captain America » (dont deux épisodes inédits de S & K) et Young Allies avec le premier Kid Gang(6) participant à l’effort de guerre (les side-kicks Toro de « Human Torch » et Bucky de « Captain America » et quelques autres affrontant les forces de l’Axe).

Chez Timely, Simon et Kirby rencontrent le jeune Stan Lee, cousin par alliance du boss(7), alors gamin à tout faire de la maison. Il a seize ans. La petite histoire dit que Stan cassait les oreilles de tous les employés en jouant de la flûte au bureau. Martin Goodman demande à Simon & Kirby de le former et, sous leur tutorat, le jeune Stan gomme les planches, corrige les textes, les réécrivant parfois. S & K lui laissent finalement écrire son premier article dans Captain America Comics # 3. Cela pour deux raisons. D’abord parce que les pages de textes des comic books permettaient de bénéficier de tarifs postaux avantageux, mais surtout pour que Stan arrête de jouer de sa flûte ! Stan poursuivra son chemin en écrivant la plupart des scénarios de la maison et en devenant rapidement directeur de publications, après le départ du tandem (et le court intérim d’Arthur Goodman, le frère de Martin).

Jack gagne maintenant bien sa vie. Il fait déménager sa famille du Lower East Side l’été 1940, pour le quartier plus chic de Brighton Beach, dans un appartement à quatre chambres. Il a enfin une pièce à lui ! Et c’est là qu’il fait la connaissance de Rosalind Goldstein, la fille des voisins du dessus. Le coup de foudre est immédiat. Roz a dix-sept ans et les deux jeunes gens se voient très souvent.
En parallèle, en mai 1940, Kirby retrouve son « Lightning and the Lone Rider » et réalise en free-lance une dizaine de pages inédites de son ancien strip pour Famous Funnies.
Suivent « The Black Owl » et « Ted O’Neil » dans Prize Comics (Prize)(8). Il préfère ne pas signer ces histoires réalisées seul pour éviter les problèmes avec Goodman.
En novembre 1940, en pleine production de Captain America Comics # 2, leur ami le scénariste Ed Herron les contacte. Entre temps, Herron est devenu directeur de publications chez Fawcett Publications. Il propose à S & K de constituer le premier numéro du magazine de leur nouveau personnage à succès : Captain Marvel. Cet ersatz de Superman, surnommé le « gros fromage rouge », a été créé l’année précédente par C.C. Beck et Bill Parker dans Whiz Comics n°2. Le succès est tel que l’éditeur veut donner sa revue au personnage. Malgré l’énorme charge de travail chez Timely, S & K rencontrent le directeur artistique de Fawcett (Al Allard) dans les bureaux de la compagnie (l’immeuble Paramount sur la 44e rue) et acceptent la proposition, moyennant un salaire substantiel.
Mais, la situation risque de déplaire à Goodman et les deux hommes louent une chambre d’hôtel à côté de Timely, pour travailler le soir après leur journée chez Timely sur le premier numéro de Captain Marvel Adventures.
Assisté de l’encreur Dick Briefer (le futur dessinateur de Frankenstein Comics, que Jack connait depuis l’époque Eisner et Iger et qui travaille aussi en indépendant chez Fox et Timely), S & K montent le numéro en deux semaines de folie. Par prudence, ils décident de ne pas signer ce comic book… qui se révélera être un succès formidable, avec un million d’exemplaires vendus ! Deuxième commande de Herron pour Fawcett, une histoire de super-héros. Dans le rush, Kirby recycle un projet de strip invendu et « Mr. Scarlet » paraît dans Wow Comics n°1(9).

Simon & Kirby éditent donc une dizaine de revues pour Timely, et ce jusqu’en novembre 1941 : date à laquelle ils lâchent définitivement Goodman pour des raisons financières. En effet, Simon apprend par Morris Coyne, le comptable de Timely (et incidemment l’un des fondateurs de la maison d’édition MLJ), que Goodman ne donne pas les intéressements sur les bénéfices stipulés par leur contrat. Goodman impute toutes les charges d’exploitation de sa société sur le chiffre d’affaires de Captain America Comics. En fait, Morris Coyne et John Goldwater de MLJ intriguent pour que Simon & Kirby aillent travailler chez eux(10). S & K ont d’ailleurs dessiné une couverture pour cet éditeur (Shield Wizard Comics # 7), prouvant l’existence de négociations à cette époque.
Mais, plutôt que Goldwater, Simon préfère Jack Liebowitz, le gérant de National Periodical (future DC), à qui il propose les services du tandem en free-lance. Le succès de Captain America parle pour eux(11). Liebowitz accepte. La transaction prévoit $250 par semaine pour chacun, s’ils restent un an et s’ils produisent un minimum de vingt-cinq pages par mois. Le contrat tarde un peu à être signé car Simon veut en changer une clause (celle, discutable, stipulant que leur travail doit être du niveau de ce que publie habituellement National pour être accepté). La petite histoire veut que pendant ce temps le jeune Stan Lee ait découvert leur « trahison ». Les rapports avec Goodman seraient devenus beaucoup plus difficiles jusqu’à leurs licenciements… et une certaine méfiance de Joe et Jack vis-à-vis de Stan en serait née…
À partir du onzième numéro de Captain America Comics, Al Avison et Al Gabriele (dessin) et Syd Shores (encrage) reprennent le flambeau sur « Captain America » (ainsi que sur « The Vision » dans Marvel Mystery Comics n°28 et les suivants), après que le tandem ait changé d’éditeur. Avec les profits engrangés par Captain America, Timely pourra déménager au 14e étage du très chic Empire State Building.
En décembre 1941, S & K arrivent chez National Periodical à Lexington Avenue. Au cours du déjeuner d’accueil, ils font la connaissance des directeurs de publications Whit Ellsworth, Mort Weisinger, Jack Schiff, ainsi que de Jerry Siegel et Joe Schuster, les créateurs de Superman. Joe leur propose un personnage nommé Super Sherlock Holmes, finalement refusé par Liebowitz pour des raisons de droits. Leurs essais restent infructueux et la société ne sait pas trop quoi faire d’eux… Comme les consignes éditoriales et les scripts qu’on leur donne ne fonctionnent pas vraiment, S & K obtiennent carte blanche pour produire ce qu’ils veulent. Certaines voix s’élèvent chez National, notamment celle de Mort Weisinger, qui critiquent le statut trop indépendant de S & K. Simon fera taire ses détracteurs en témoignant en faveur de National, sur la demande de Jack Schiff (et de l’avocat Louis Nizer), dans le procès pour plagiat opposant l’éditeur de « Superman » à Fawcett et Republic Pictures (respectivement l’éditeur de « Captain Marvel » et la société de production du serial du personnage)(12).
S & K louent un nouveau studio plus grand et plus chic à Tudor City (un complexe immobilier qui se trouvait entre la 42e rue et l’East River et qui, aux dires de Joe Simon, servira plus d’une fois de garçonnière à Howard Ferguson ou à des employés de National !), où ils attaquent seulement (!) quatre séries (dont deux reprises de personnages à bout de souffle), ce qui leur donne le temps de mieux peaufiner leurs histoires. Ils reprennent « Sandman » (dans World’s Finest, All-Star Comics, avec des épisodes s’intégrant aux histoires de la « Justice Society of America », et Adventure Comics) et « Manhunter » (dans Adventure Comics). Ils inventent aussi deux Kid Gangs. Le premier, intitulé « The Newsboy Legion » (dans Star-Spangled Comics, édité pas Weisinger), réunit des jeunes désœuvrés sous la protection du Guardian, un super-héros proche de Captain America, personnages que Kirby reprendra dans les années 1970 pour ses Jimmy Olsen.
Le second, « The Boy Commandos » (dans Detective Comics, puis dans World’s Finest et finalement dans son propre titre, une fois que la guerre est déclarée) présente un groupe inter-ethnique de gamins affrontant les Nazis et les Japonais sur les lieux de conflits. Ce titre rivalisera de succès avec Superman et Batman (plus d’un million d’exemplaires vendus par numéro). Brooklyn, l’un des gosses du groupe, ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à Kirby jeune et sera la mascotte de l’équipe. Preuve de leurs succès, le label « Simon & Kirby » est désormais estampillé sur les couvertures de leurs magazines… Une première !
Dans le studio de Tudor City, Kirby produit entre février et la fin de l’année 1942 une quinzaine de couvertures pour Al Harvey (Speed, Champ, Green Hornet), signées Jon Henri et encrées par Al Avison, Luis (ou Louis) Cazeneuve, l’ex illustrateur de « Red Raven », et même sa fiancée Roz !
Une telle collaboration ne pouvait en rester là… Et un événement marquant survient le 23 mai 1942 : le mariage de Jack et Roz. Le jeune couple emménage dans un riche appartement de Manhattan Beach et s’achète même une voiture (une Lincoln Zephir). C’est aussi cette année-là que Jacob Kurtzberg change officiellement son patronyme pour adopter son nom de plume favori : Jack Kirby… Il était de bon ton d’avoir un nom à consonance anglo-saxone et, secret de Polichinelle, Jack cachera longtemps ses origines juives (jusque dans les années 1970, comme me le disait la regrettée Annie Baron-Carvais).
À l’été 1942, Jack Liebowitz convoque le tandem aux bureaux de National. La guerre fait rage en Europe et dans le Pacifique et les artistes de la maison d’édition vont tous, à un moment ou un autre, être appelés sous les drapeaux. L’éditeur demande donc aux deux artistes de produire suffisamment de matériel d’avance pour couvrir leur absence. S & K travaillent d’arrache-pied entre l’été 1942 et début 1943. Ils réalisent pour leurs revues un nombre incroyable de couvertures et d’histoires sous forme de crayonnés, avec les scénarios écrits à même la planche. Au studio de Tudor City, ils emploient de nombreux artistes (dont Gil Kane, Louis Cazeneuve, Joe Certa, Phil Bard et le futur directeur de publication Carmine Infantino) qui termineront et encreront ces ébauches, fournissant en pages la National, alors que les deux hommes feront leurs obligations militaires. Certaines histoires écrites par Don Cameron et Joe Samachson complèteront ce monumental inventaire, qui ne sera épuisé que trois mois avant le retour de Jack.
Joe Simon part le premier au printemps 1943. Il sert dans les Coast Guards et reste à Washington DC (principalement à l’Ambassade d’Egypte). Jack ferme le studio de Tudor City et poursuit un temps son travail dans les bureaux de DC, où il rencontre Jerry Robinson. Le dessinateur de « Batman » est impressionné par sa production, d’un point de vue qualité et quantité (même si Jack ne réalise alors que sept planches par jour !). Jack reçoit enfin son ordre de mobilisation en juin 1943. Il quitte Roz et prend le train à Penn Station, direction Camp Stewart (Georgie), où il fait ses classes. Le 2e classe Jack Kirby est ensuite envoyé sur le front européen et est blessé à Metz. Nous parlerons de ses épisodes guerriers dans un prochain article, occasion pour nous de voir qu’ils ont fortement influencé son art (tant dans ses thématiques que dans les textures de son dessin).
Jean DEPELLEY (avec la complicité de Daniel Tesmoingt)
mise en page : Gilles Ratier, aide technique : Gwenaël Jacquet
(1) Certaines illustrations ont été rééditées dans « The Comic Strips – Jack Kirby » (Pure Imagination, 2006), « The Jack Kirby Reader » volume 2 (Pure Imagination, 2004), « The Jack Kirby Treasury » volume 1 (Pure Imagination 1982).
(2) « The Jack Kirby Treasury » volume 1 (Pure Imagination 1982).
(3) Réédité en « Archive Captain America: The Classic Years » chez Marvel Comics.
(4) L’éditeur du « Shield », John Goldwater (MLJ), menace Timely de procès à deux reprises, quand les ventes de Captain America Comics se révèlent bien meilleures que celles de Pep Comics. Goldwater essaye d’ailleurs à plusieurs reprises de récupérer S & K dans son équipe…
(5) The Jack Kirby Collector n°25 (TwoMorrows Publishing)

(6) Les Kid Gangs sont certainement des réminiscences des propres souvenirs d’enfance de Kirby et des films des Dead End Kids (futurs Bowery Boys) alors populaires. Les « Sentinels of Liberty » apparaissent d’abord dans Captain America Comics n°1, sur la page du bulletin d’adhésion au fan-club des lecteurs de Timely (ce fan-club très populaire donne à ses membres un joli badge de métal à l’effigie de Captain America, rapidement épuisé avec le rationnement des métaux pendant la guerre. Joe et Jack ne toucheront jamais rien sur ces ventes). Le groupe apparaît même dans une histoire de Captain America Comics n°6. Les « Sentinels of Liberty » sont finalement rebaptisés « Young Allies » par Joe Simon pour la sortie de leur propre revue. Les histoires seront écrites par Otto Binder, futur scénariste de « Captain Marvel » chez Fawcett, sur des idées de S & K et Stan Lee.
(7) En fait, Stanley Martin Lieber (alias Stan Lee) est le neveu de Robert Salomon, le chargé d’affaires de Timely, incidemment le beau-père de Martin Goodman.
(8) Histoires rééditées dans « The Complete Jack Kirby » volume 2 (Pure Imagination, 1997).
(9) Des épisodes de « Mr. Scarlet » post Kirby sont édités en France dans Golden Titans, chez Univers Comics.
(10) Le nom MLJ vient des initiales des prénoms des trois fondateurs de la société : Morris Coyne, Louis Silberkleit et John Goldwater. MLJ deviendra Archie Comics dans les années 40.
(11) Captain America sera rapidement adapté au cinéma, dans un serial de John English pour Republic Pictures de 1944, sans que les deux créateurs ne soient payés ou même seulement avertis (ils étaient tous les deux partis à la guerre). Le film s’éloigne singulièrement de la BD, car Cap a un pistolet en guise de bouclier et s’appelle Grant Gardner (au lieu de Steve Rogers). Habituellement plus inspiré avec le co-réalisateur William Witney, English signe un serial mou et long (15 épisodes, sur un scénario routinier), qui vaut surtout pour la présence du toujours excellent Lionel Atwill.
(12) : Le procès Superman Vs. Captain Marvel est l’un des plus connus de l’histoire des comic books. La première manche dure sept ans (de 1941 à 48) et voit curieusement gagner Fawcett ; car si la contrefaçon du personnage est avérée, National ayant négligemment oublié de protéger ses daily strips de Superman, la Cour croit à un abandon de copyright. Un procès en appel démarre en 1952 et les charges sont cette fois différentes : ce n’est plus le personnage de Captain Marvel qui est accusé d’être une contrefaçon, mais certaines de ses histoires. Les ventes de Fawcett baissent à la fin des années 1940 et l’éditeur préfère jeter l’éponge en trouvant un arrangement à l’amiable avec National DC. Fawcett arrête tous ses titres de Captain Marvel en automne 1953 et paye $400.000 de dommages et intérêts à DC en échange de l’arrêt des poursuites. Le « Gros Fromage Rouge » disparaît donc un temps… avant de réapparaître en 1973, sous la bannière de DC !