Ce premier tome nous permet surtout de découvrir ce havre de paix, coupé du reste du monde en conflit, qu’est Le Coq Vert ;
ceci par le prisme de son propriétaire (l’excentrique comte Fausto de Scaramanda) ou, quelques fois, par celui de Polpette : le cuisinier de son auberge. Cet « Ail des ours » nous permet aussi d’en apprendre plus sur les relations et les liens qui se sont tissés entre ces deux compères principaux et les autres protagonistes, lesquels sont tous aussi attachants qu’amusants : Biryani (le majordome prévenant et discret), Alméria (l’employée volcanique et sa tribu de furets vindicatifs), Séraphin Saucissette (l’homme de confiance du père de Fausto) et Eulpêtre, ce puissant monarque qui débarque avec les trois cousins de son rejeton, alors que ce dernier n’avait plus vu ces quatre membres belliqueux de sa famille depuis son enfance !

Le dessinateur de la charmante série « Lou ! » (mais aussi du très beau « Chaque chose » : un roman graphique, toujours aux éditions Gallimard, où il était déjà question de transmission et de rapports père-fils) nous assène, avec bonheur, son espiègle style « cartoonesque » et « mangaesque » aux chaudes couleurs pastel, sur cette Fantasy décalée, aussi gastronomique que conviviale, où l’on apprend, par exemple, qu’un viandier n’était autre qu’un livre de recette à l’époque médiévale : un véritable bain de fraîcheur qui sait donc être, aussi, totalement éducatif sans être ennuyeux, ceci grâce à une narration fluide et légère, et donc fort agréable…
Gilles RATIER
« Le Viandier de Polpette » T1 (« L’Ail des ours ») par Julien Neel et Olivier Milhaud
Éditions Gallimard (18 €)