©Kazuki Sakuraba – Iqura Sugimoto – Glenat
Dans un village traditionnel de la province japonaise, à la fin de l’été, Nagisa, jeune étudiante dépressive, attend patiemment que le temps passe et que le monde finisse, peut-être, par s’écrouler autour d’elle. C’est à ce moment-là que débarque une nouvelle élève, Mokuzu Umino, fille d’un chanteur à succès, laquelle n’aura de cesse de vouloir être amie avec Nagisa ; or, cette dernière l’ignore superbement, contrairement aux autres jeunes qui l’envie sans aucune retenue. Afin d’échapper à la dure réalité de la vie, Mokuzu se réfugie dans le mensonge et crie, à qui veut l’entendre, qu’elle est une sirène. Ces deux filles ont chacune un secret que nous ne connaissons pas encore et qui sera, vraisemblablement, dévoilé dans le second et dernier volume de cette série.

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Si l’histoire reste assez énigmatique et lente, elle est plaisante et distille, avec parcimonie, les quelques éléments qui permettent de ne pas décrocher complètement.
Extrêmement agréable graphiquement, on retiendra surtout les expressions du visage que la mangaka, Iqura Sugimoto, arrive à faire passer à ses personnages. Les héroïnes sont belles et semblent bien innocentes. Elles ont un corps d’adolescente et doivent continuer de grandir, à la fois physiquement et mentalement. Leurs discours sombres contrastent avec l’insouciance qui devrait les caractériser, mais qui est représentatif des doutes liés au passage de l’adolescence vers l’âge adulte. L’histoire construite autour des pensées et des échanges de points de vue des deux héroïnes, Nagisa et Mokuzu, conduit invariablement à de longs dialogues et de nombreux passages narratifs. Du coup, les personnages secondaires sont quasiment inexistants.

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Cette histoire avance néanmoins rapidement, avec seulement deux tomes. La construction narrative est parfaitement maîtrisée et suit un cheminement linéaire bien précis, ce qui est, je vous l’accorde, bien paradoxal vu ma précédente réflexion. C’est indéniablement un jeu entre l’auteur et le lecteur, servant à renforcer ce sentiment de malaise en inondant le récit de questions n’appelant pas de réponse.

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Le travail d’édition de ce manga est très soigné. La couverture, d’un fond blanc pur, contraste avec le dessin imprimé à l’aide d’encre argentée, le tout relevé de légères touches d’un bleu soutenu. Le même bleu qui est imprimé sur la tranche et qui rappelle, à chaque page, la froideur de ses protagonistes.

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 » A Lollylop or a Bullet  » est à la fois un excellent manga et une œuvre déconcertante qui ne pourra pas plaire à tout le monde. Certains lecteurs vont trouver cela génial, d’autres s’ennuieront rapidement.
Gwenaël JACQUET
 » A Lollylop or a Bullet  » T1 par Kazuki Sakuraba et Iqura Sugimoto
Éditions Glénat (7,50€)