Katsuragi Keima, le héros de ce manga ne se sépare jamais de sa PlayStation portable.© Tamiki Wakaki – Kana
Katsuragi Keima est un joueur, mais la seule chose qui le passionne, ce sont les jeux de drague. Particulièrement développés au Japon, ce type de jeux vidéo ne sont que très rarement sortis de l’archipel. Cela consiste à suivre une histoire ou il faudra user de stratagèmes pour que l’héroïne finisse par tomber amoureuse du personnage virtuel que le joueur incarne.

Image tirée de la présentation de la série animée de «  Que sa volonté soit faite  » (??????????, Kami nomi zo Shiru Sekai – Un monde que seul dieu connaît). Comme on peut le constater, le graphisme reste très proche du manga. © Tamiki Wakaki – Kana
Véritable champion de la discipline, Keima se fait appeler  » Dieu tombeur « . Un brin présomptueux et arrogant, aucune fille réelle ne l’intéresse, il a de nombreux aprioris bien tranchés, sur le sujet. Il aime analyser l’évolution des jeux vidéo et n’est jamais déçu par toutes ces conquêtes féminines intangibles alors que les humaines, elles, peuvent changer et vieillir.

Une âme en fuite possède cette jeune athlète innocente. © Tamiki Wakaki – Kana
Bien sûr, l’histoire ne se résume pas à ce personnage égocentrique, Elsea De lute Irma, jeune démone apparaît rapidement, car Keima a passé de manière non intentionnelle un pacte avec le diable. En répondant tout simplement à un courriel le mettant au défi de conquérir une nouvelle femme inconnue. Il pensait au début à une blague, un message de provocation indigne de son rang. Pourtant, en répondant positivement à cette sollicitation, il se retrouve embarqué dans une histoire rocambolesque ou il devra délivrer de l’emprise d’âmes en fuite d’innocentes jeunes filles bien réelles. S’il ne remplit pas ses missions, le collier qu’il porte lui tranchera la tête et celle d’Elsea, par la même occasion : leurs destins étant maintenant liés.
Bien évidemment, Keima usera des mêmes techniques que celle qu’il met en pratique dans ses jeux de drague. Et tout ça, pour finir par forcer ces jeûnes filles à l’embrasser et, ainsi, faire s’enfuir les âmes qui seront emprisonnées par la démone Elsea. Bien évidemment, une fois l’âme en déroute, la victime oubliera tout de cette histoire et de ce baiser.

Premier contact bien réel avec une fille. © Tamiki Wakaki – Kana
Tout cela est un peu tiré par les cheveux et complètement irrationnel. Accumulant les poncifs habituels du manga, ce titre reste néanmoins extrêmement agréable à lire pour un jeune public. Le personnage D’Elsea est bien évidemment gaffeur et maladroit. Ses nombreux pouvoirs vont quand même donner une touche de magie à ce titre. L’analyse que fait Keima des différentes situations en se basant sur sa connaissance des jeux de drague relève presque de l’enquête policière où le détective arrive à résoudre les énigmes les plus complexes. Les circonstances sont habilement amenées et chaque protagoniste à une attitude bien définie, ce qui facilite la compréhension de l’aventure. En tout cas, contrairement à d’autres mangas d’énigmes, celui-ci ne donnera pas mal à la tête, il est d’une simplicité enfantine et passée treize ans, le public risque de trouver le sujet simpliste.
Au niveau du dessin, Tamiki Wakaki s’en sort plutôt bien pour sa seconde série. Le trait tout en rondeur est extrêmement proche de ce qui peut se faire en animation. La mise en page, particulièrement sobre, offre de nombreux gros plans expressifs. Il y a peu de décors, on sent que l’accent est principalement mis sur les personnages. Le seul point qui me chagrine est celui des couvertures. Celles-ci font penser à un monde rempli d’ésotérisme et je ne les ai pas trouvé engageantes au premier abord. La couverture alternative du premier tome, vendue en tant qu’édition collector, est bien plus représentative du contenu ; c’est logique, ce n’est que l’illustration couleur d’introduction du premier chapitre. Pages couleurs que l’on pourrait croire directement sorties de la version animée tellement le style est épuré.

Double page couleur d’introduction du premier chapitre au Japon. Image reprise en France pour la couverture collector, disponible seulement pour la première édition du manga. © Tamiki Wakaki – Kana
Ce genre de série où chaque nouvelle histoire est un défi différent à relever et où l’humour est omniprésent à l’avantage d’être inépuisable tant que le public suit et que l’auteur arrive à se renouveler sans lasser. Porté par une série TV,  » Que sa volonté soit faite  » reste une valeur sûre pour un public jeune, Kana ne s’est pas trompé en éditant ce titre.

© Tamiki Wakaki – Kana
Gwenaël JACQUET
 » Que sa volonté soit faite  » T1 & 2 par Tamiki Wakaki
Édition Kana (6.75 €)