J’ai déjà dit de nombreuses fois ici même tout le bien que je pense de cette série iconoclaste, violente et lucide. Lorsqu’une série maintient si bien le cap qu’on attend chaque nouveau numéro avec la même impatience, il devient difficile de trouver de nouveaux épithètes ou bien de faire autre chose que l’éloge de l’histoire en en dévoilant le sel malgré soi… Malgré un changement de dessinateur (et quel dessinateur, puisque nous perdons le parfait Darick Robertson !), « The Boys » reste toujours aussi jouissif. Heureusement, Robertson réalise toujours les couvertures, dont la magnifique parodie de celle que Quitely fit pour le « All Star Superman » de Morrison, reproduite ci-contre rien que pour vos yeux qui – je l’espère – vous sortent des orbites. Deux dessinateurs sont présents dans ce volume : Carlos Ezquerra et John McCrea. Évidemment, leurs dessins peuvent sembler plus faibles, moins éclatants et redoutables que ceux de Robertson, mais ils s’en sortent pas mal. Vous aviez déjà pu voir le travail de McCrea dans le précédent volume (« Herogasm ») et apprécier son trait acéré, sec, contrasté. On pourra lui préférer la souplesse d’Ezquerra qui se rapproche plus de ce qu’avait instauré Robertson, et bien sûr regretter ce dernier…

Les épisodes de ce 9ème volume intitulé « Question de survie » sont parus aux États-Unis en même temps que les épisodes de la fameuse mini-série « Herogasm » (parue ici dans le 8ème volume), et font donc suite au volume 7 français. Les offensives contre les Boys se rapprochent de plus en plus, et l’étau pourrait bien se resserrer s’ils ne réagissent pas. « On » (vous voyez ce que je veux dire si vous êtes fans) leur envoie quelques super-gugusses afin de les dézinguer menu, dont le terrible Tornadon, sorte de Superman totalement nazi – au sens historique du terme. L’un des membres de l’équipe va en pâtir… Ennis continue à distiller les différents ingrédients qui font le succès de sa série avec un vrai talent. Entre humour gras, dénonciation de l’horreur, violence explicite, sexe, politique, sentiment amoureux et grosse pantalonnade, on est à la fois touché et mort de rire, en colère et sidéré, ému et revigoré, en parcourant les pages de « The Boys ». C’est toujours aussi efficace, mettant ses gros pieds dans un plat bien pourri sans jamais perdre de sa belle humanité. À suivre !

Cecil McKINLEY

« The Boys » T9 : « Question de survie » par Carlos Ezquerra, John McCrea et Garth Ennis.
Éditions Panini Comics (11,00€)