Sous ce nom d' »ange joyeux » se cache un assassin en cavale, un monstre de cruauté, qui tue les parents et épargne leur enfant Paolo. Il s’installe et, parce qu’il n’a pas osé achever son « œuvre », décide de l’élever comme son fils (c’est ce dernier, le narrateur). Ce face à face imprévu l’amène à ressentir l’impensable : de bons sentiments ! Mais tout est à nouveau chamboulé avec l’arrivée de Luis Secunda, un trentenaire désabusé au ban de sa famille comme Angel l’est de la société et qui cherche lui aussi le dénuement et l’enracinement.

Un tel récit porté par les silences et les tensions, sur paysages désertiques et ventés, supposait des dessins dépouillés au graphisme âpre et rustique, ce que réalise avec brio Thierry Murat. L’économie de moyens graphiques n’a d’égal que la puissance de ses couleurs granuleuses qui confère à ses décors une atmosphère pesante et angoissante. Entre l’illustration de textes off et les séquences réellement BD, l’ensemble constitue un récit émouvant, poignant, qui tire aussi sa force du récit initial paru chez Bayard en 2003 (pour les adolescents !) et qui reçut de nombreux prix.
Alors, bon voyage !
Didier QUELLA-GUYOT (L@BD et blog)
 » Les Larmes de l’assassin  » par Thierry Murat,
Éditions Futuropolis (18 €)