Il est bien là, le vénérable Chaperon rouge, en couverture, assis, une arme à la main (factice, ouf !) et Zidrou, le scénariste de  » L’Élève Ducobu  » ou de  » Tamara « , lui a concocté des récits tendres et sensibles, quelquefois noirs, toujours surprenants, qu’il s’agisse du Noël de Rachid, du réveillon de Maman Noël ou de l’entrainement des Père Noël dans le Dakota. Quelques histoires échappent cependant au corset festif avec un très joli texte sur les saisons, la très belle histoire du « marchand de gros mots » ou le curieux destin du peintre Aristide Beau-Jan. Quant aux illustrateurs, c’est carrément Noël avec Alexeï, Bodart, Edith, Fournier, Frank, Lafebre, Mio Franco, Oriol, Roger; Van Beughen…

Zidrou n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, question nouvelles illustrées, puisqu’il faut impérativement rajouter dans la hotte l’excellent album  » La Vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis : & autres nouvelles qui font du bien  » (cf. notice L@BD). Sans oublier son inclassable « Lydie » (cf. notice L@BD).
Mais revenons à nos boules de Noël avec un scénariste également inventif : Guillaume Bianco qui impose à nouveau son drôle de gosse,  » Billy Brouillard « . Le tome 3 s’intitule  » Le Petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël « , tout un programme où l’on retrouve le gamin d’apparence ordinaire mais qui aime la nuit, la pluie, la mort et en parle avec poésie et mélancolie. Dans cet album, Billy est surtout obsédé par la disparition de son chat qu’il semble retrouver partout et auquel il accorde plus d’importance qu’au Père Noël, très présent cependant ! L’album joue graphiquement la carte de l’imagerie 19ème siècle (des pages aux dessins à la plume) et celle des périodiques du début du XXème avec des mises en page de gazettes d’autrefois, couleur sépia. Un mélange étonnant et attractif.

Plus traditionnel mais non moins extrêmement poétique et teinté d’humanité,  » L’Embranchement de Mugby « , un conte de Noël adapté de Dickens par Rodolphe et Estelle Meyrand. L’action se passe dans les brumes mystérieuses et angoissantes de la gare de triage de Mugby. Un homme désorienté y débarque, cherchant sa voie (dans un carrefour ferroviaire !) après une vie consacrée aux affaires. Alors que se préparent à Mugby les fêtes de Noël, il y rencontre une femme paralysée qui lui redonne le goût du bonheur… Une belle leçon de vie portée par les dessins cotonneux et coloriés d’Estelle Meyrand, angoissants ou rassurants selon les moments, selon les couleurs. Ensemble les deux auteurs ont d’ailleurs déjà signé un autre conte de Dickens :  » Scrooge, un chant de Noël « , tout aussi joliment réalisé (également chez Delcourt).

On n’oubliera pas, enfin, l’adaptation très libre qui sort ces jours-ci, signée Adam et Convard et dessinée par Paul, d’un roman de Pierre Véry, datant de 1934 et sorti au cinéma en 1941. L’action se passe à Mortefond, village de Lorraine qui s’apprête à fêter la Noël. Après la messe, on découvre le corps du Père Noël, assassiné… (Ed. Glénat).
Alors bons voyages, en traineau… et joyeux Noël !
Didier QUELLA-GUYOT (L@BD et blog)
 » Joyeuses nouvelles !  » par Zidrou et un collectif de dessinateurs
Éditions Dupuis (19 €)

 » Billy Brouillard  » T3 ( » Le Petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël « ) par Guillaume Bianco
Éditions Soleil, collection  » Métamorphose  » (22 €)
 » L’Embranchement de Mugby  » par Rodolphe et Estelle Meyrand
Éditions Delcourt (10,50 €)