Introduction

 

 

La 3è édition de COCO BULLES, le Festival International du Dessin de presse et de la Bande Dessinée en Côte d’Ivoire s’est déroulée du 21 au 24 juin 2007 au Palais de la Culture à Abidjan, avec la Belgique comme pays invité d’honneur.

 

Le célèbre dessinateur de presse Pierre Kroll, son homologue Cécile Bertrand et le sympathique dessinateur de bande dessinée Dany Henrotin composaient ladite délégation. Victime d’une double fracture à la jambe à la dernière minute, le célébrissime Jean Van Hamme qui était annoncé, n’a pu effectué le déplacement d’Abidjan.

 

La partie africaine était représentée, en provenance :

De France : par la scénariste ivoiro-française Marguérite Abouët (Aya de Yopougon) et du dessinateur congolais Pat Masioni (Rwanda 1994)

Du Gabon : par le dessinateur Pahé (La Vie de Pahé) 

Du Cameroun : par le dessinateur Almo (Fluide thermal)

De Côte d’Ivoire : par les dessinateurs Zohoré, Karlos, Mendozza, Thierry, Ben, T.Gbalin et Atsain de l’hebdomadaire Gbich! ainsi que Edson et Julio (Côte d’Ivoire, On va où là ?).

 

Initialement prévue du 12 au 15 avril 2007, après quatre ans de report du fait de la crise ivoirienne, le festival a été contraint de modifier à nouveau ses dates seulement à une semaine de l’échéance. Ceci, du fait d’un brusque remaniement ministériel ayant provoqué le départ des autorités de tutelle qui s’étaient déjà engagés auprès de l’organisation.

 

Cette situation a d’ailleurs causé de nombreux désagréments, à la fois à l’organisation, aux partenaires ainsi qu’aux auteurs parmi lesquels le congolais Thembo Kash et le belge Hermann qui n’ont pu reprogrammer leurs vols.

 

Avec pour thème « Bande dessinée et dessin satirique, traces des temps en quête d’équilibre», la manifestation 2007 s’est donné pour objectif d’inviter les participants à jeter un regard introspectif sur le témoignage que peuvent faire le crayon et la plume dans l’histoire des peuples et des sociétés en crise.

 

 

Pari réussi !

 

 

C’est le jeudi 21 juin 2007 aux environs de 11 heures que la 3è édition de COCO BULLES a ouvert ses portes en présence de plusieurs personnalités : Le représentant du Conseiller Culturel du Président de la République ; le Directeur du Livre au Ministère de la Culture et de la Francophonie représentant le ministre ; le représentant du Ministre de la Ville et le Directeur de la Réglementation Extérieure de Côte d’Ivoire Télécom, sponsor leader de cette édition, aux côtés des auteurs invités ; des professionnels ; de la presse ; des partenaires et du public.

 

Après les allocutions d’usage, l’auditoire a été éclairé sur le thème central du festival, par l’éminent sociologue, Pr. Dédi Séry, directeur du département d’ethnosociologie de l’université de Cocody à Abidjan.

Ayant reconnu que « la bande dessinée et le dessin de presse sont récents en Afrique », il a montré que « ces expressions culturelles sont des puissants instruments de formation et de socialisation par lesquels l’artiste interprète l’histoire en essayant de dépasser la réalité. Le 9è art notamment, au service du beau artistique, peut être introduit dans le paysage africain sans aboutir à une dépersonnalisation. ». Il a conclu en invitant les pouvoirs publics et les hommes d’affaires à s’y intéresser, « leur intérêt anthropologique, historique, économique et pédagogique ne souffrant d’aucune ambiguïté ».

 

Il faut rappeler que peu avant cette conférence qui a relevé l’opinion sur la bande dessinée et la caricature, le représentant du sponsor est intervenu pour justifier sa participation à ce festival. « Nous avons opté et pris l’engagement d’accompagner la culture. La bande dessinée est porteuse de rire et de messages dans lesquels se retrouvent les ivoiriens. Avec le rire, la BD, on est capable de dire le pire et le meilleur. Côte d’Ivoire Télécom a choisi la BD pour porter ses messages publicitaires ; pour aller chez ses clients et y demeurer le plus longtemps possible ».

 

A l’issue des interventions, l’assistance a été invitée à visiter les différentes attractions sur le site:

 

 L’exposition commerciale

 

Entres autres objectifs, COCO BULLES vise à favoriser le développement, la production et la commercialisation des œuvres et supports graphiques spécialisés ou dérivés de la bande dessinée et du dessin de presse, en Afrique et en Cote d’Ivoire en particulier.

Comme lors des précédentes éditions, une dizaine d’éditeurs, libraires et opérateurs ont saisie l’opportunité du festival pour proposer leurs services et produits à un public conquis.

Ce sont : Côte d’Ivoire Télécom (téléphonie et NTIC) ; Canal Plus Horizons (média, programmes jeunesse) ; Afrika Toon (Animation 2D, 3D) ; Médiastore (Librairie, Espace culturel) ; Univers du Livre (Librairie) ; BD SIDA (ONG) ; Les Classics Ivoiriens (Editeur) ; Olvis Dabley Agency (Editeur) ; Gbich ! (Editeur).

 

 

Les expositions d’œuvres

 

Six étaient au programme dont deux consacrées au pays invité d’honneur et quatre à l’Afrique :

 

Bulles, Jazz et Blues: Sur le thème du Jazz, cette exposition de bande dessinée est tirée d’une variété d’histoires et de dessins d’auteurs belges. Elle était à l’initiative et avait le soutien du CGRI (Commissariat Général aux Relations Internationales de la Communauté Wallonie-Bruxelles).

Tintin, et après ? : Extraits de planches d’auteurs contemporains belges (BD et dessin de presse), dont Pierre Kroll, Cécile Bertrand, Jean Van Hamme, Dany et Hermann.

Afrik mouv’ 2000 : Quatre auteurs africains publiés en Europe dont trois présents au festival ont montré un extrait de leurs créations : Pahé (Gabon) « La Vie de Pahé » chez Paquet ; Pat Masioni (RDC) « Rwanda 1994 » chez Albin Michel ; Tembo Kash (RDC) « Congo : 20 ans de caricatures » chez Luc Pire ; Marguerite Abouët (Côte d’Ivoire) « Aya de Yopougon » chez Gallimard.

Regards 9 : Issue du concours international du même nom lancé en décembre 2006 par le festival à l’attention de bédéistes et caricaturistes africains et de la diaspora noire, cette exposition a réunie une trentaine des meilleures œuvres.

 

Crise ivoirienne : Regard croisé d’une dizaine de dessinateurs en activité dans la presse d’opinion en Côte d’Ivoire sur la crise ivoirienne, cette exposition présentée une semaine auparavant au festival de Morges en Suisse, a été déclinée de l’ouvrage : « Côte d’Ivoire : On va où là ? » paru chez Olvis Dabley Agency.

 

 

 

Expo « Jeunes talents » les tchatchallo : Cette exposition a réuni une vingtaine des meilleurs dessins issus du concours national Jeunes Talents ayant porté cette année sur le thème « Dessines ton portrait en compagnie de ton Tchatchallo préféré », du nom des personnages du film d’animation publicitaire de Côte d’Ivoire Télécom.

 

        

Les animations publiques

 

Il faut souligner qu’il y en a eu plusieurs sur le site :

 

● En partenariat avec Radio Nostalgie, un studio a été aménagé sur le site. Ainsi, tous les jours étaient diffusés en direct et en duplex, les programmes de la radio avec des conte-rendus du festival et autres interviews d’auteurs.

 

● Le vendredi 22 juin, dédiée à la Belgique, a eu lieu, outre l’expo tintin, et après ?, le vernissage officiel de l’exposition Bulles, Jazz et Blues, en présence de S.E.M Dirk Verheyen, l’ambassadeur de la Belgique en Côte d’Ivoire ; de M. Michel Arion, Chef de délégation de l’Union Européenne et des auteurs belges. En rapport avec la thématique abordée dans cette expo et dans la veine de La Fête de la Musique célébrée la veille, le public a eu droit à un récital de Jazz avec en attraction, l’incontournable Santé Hiol, grâce au concours de Médiastore et de Nostalgie.

 

● Des sessions de jeux vidéo avaient lieu tous les jours du 22 au 24 juin, au grand plaisir des bouts de chou et des adolescents, avec le concours du promoteur Game’Event.

 

● Le partenaire Canal Plus Horizons a organisé, le samedi 23 juin, un stage de dessin en faveur d’une centaine d’enfants de ses abonnés, suivi d’une remise de lots.

 

Les séances de dédicaces programmées chaque jour ont permis des rencontres avec les auteurs, auxquels les nombreux fans ont réussi à arracher la mention exclusive.

 

● Le dernier jour du festival, un déjeuner-buffet a été offert aux hôtes et partenaires du festival dans la ville touristique de Grand-Bassam ; leur accordant un intense moment d’évasion, de convivialité et de souvenirs.

 

Les forums

 

Plusieurs problématiques ont été abordées entres professionnels lors de ce 3è festival.

 

« Histoire des tchatchallos » : Premier annonceur a avoir utilisé le dessin animé dans la publicité en Côte d’Ivoire à travers son film La famille Tchatchallo, COTE D’IVOIRE TELECOM en a livré les motivations, expliqué la démarche marketing puis analysé les retombés. C’était le vendredi 22 juin à 10 heures.

 

« Contribution de la bande dessinée dans la lutte contre le VIH/Sida : cas de la Côte d’Ivoire », une conférence publique de l’ONG BD SIDA, prononcée le samedi 23 juin à 10 heures par le Docteur Any-Grah Prince-Igor de l’ONG Bien Vivre. Celui-ci a dit que « De nombreuses enquêtes menées chez les jeunes et les travailleurs nous ont permis de savoir que le niveau de connaissances de ces populations devant certaines maladies est peu élevé. Avec un taux de scolarisation qui a connu une baisse depuis la crise que nous vivons, les autorités devraient intégrer la bande dessinée dans les différents programmes de santé en milieu scolaire, rural et professionnel… Le lien étroit entre l’éducation pour la santé et l’information nous autorise à utiliser ce support de communication qui est favorable pour réduire l’impact des grandes pandémies dans les pays sous développés. La bande dessinée apparaît aujourd’hui comme un outil essentiel dans la stratégie de prévention contre le virus du SIDA, mais aussi dans la prise en charge des personnes infectées et affectées par cette pandémie ».

A la suite de cette conférence, une question plusieurs fois soulevée dans les médias a été à l’ordre du jour:

« Forces et limites du dessin de presse aujourd’hui ? » : Face à une actualité mondiale bouleversée depuis les attentats du 11 septembre 2001 et la controverse que suscite bien souvent les dessins dans la presse, quel est le seuil à ne pas franchir eu égard au pouvoir du crayon ? Cette réflexion a fondé les échanges qu’il y a eu le samedi 23 juin aux environs de 12 heures, entre les caricaturistes Pierre Kroll (Belgique), Cécile Bertrand (Belgique), Zohoré Lassane (RCI), Karlos (RCI), Pahé (Gabon) et Almo (Cameroun).

Côte d’Ivoire, On va où là ?/1993 – 2006 : 13 ans de crise politique en dessins de presse : A la lumière de cet ouvrage, trois des dessinateurs qui y ont contribué (Zohoré, Karlos et Edson), aux côtés de deux étudiants invités, ont analysé l’opportunité de la caricature dans le traitement de l’actualité ivoirienne. C’était le samedi 23 juin peu avant 15 heures avec pour modérateur, monsieur Franck Berthod qui a justement suscité le financement dudit livre.

Le palmarès du festival

En dehors du prix national Jeunes Talents qui est revenu à Konan N’guessan, en partenariat avec Côte d’Ivoire Télécom et Mediastore, le concours international Regards 9 qui donne lieu au palmarès du festival a dévoilé les lauréats suivants :

Bande dessinée

 

1er prix BD, Grand Prix du « District d’Abidjan »

Essono Ebalé Ramon (Guinée Equatoriale)

 

2e Prix BD, Prix « Canal Satellite Horizons » du meilleur scénario

Badika N’zilla Valéry (Congo Brazzaville)

 

3e Prix BD, Prix « Abidjan Planet » du meilleur graphisme

Biakou Pansime Briges (Congo Brazzaville)



Dessin de presse

 

1er prix dessin de presse, Grand Prix du « District d’Abidjan »

Samuel Daina (Tchad)

 

2e Prix Dessin de presse, Prix « Fraternité Matin » de l’idée originale

Ba Cheick Tidiane (Senegal)

 

3e Prix Dessin de presse, Prix « UNJCI » du meilleur graphisme

Aboua Assi Armand Richard (Côte d’Ivoire)

 

Le festival, en se félicitant d’un tel palmarès qui dénote un réel intérêt des talents d’Afrique pour l’initiative, regrette cependant la difficulté de mobilisation des dotations financières promises par certains de ses bailleurs au profit des lauréats.

 

           Conclusion

 

Aujourd’hui, véritable pôle régional d’intégration culturelle et économique, COCO BULLES offre en Afrique, un marché panoramique de la littérature dessinée et de la production graphique en générale.

 

Cette troisième édition qui a vu défilé près de 2 500 visiteurs (moins que les deux précédentes) a été la toute première qu’accueillait la capitale ivoirienne, après les éditions expérimentales de la localité voisine de Grand-Bassam qui, ont apporté la reconnaissance internationale à la manifestation.

 

          Remerciements

 

 

Le Comité Directeur de COCO BULLES adresse sa profonde gratitude à toutes les personnes physiques et morales sans la précieuse contribution desquelles cette 3è édition n’aurait pu avoir lieu, en particulier à :

 

– Monsieur Jean Auquier

  Directeur du Centre belge de la Bande Dessinée

– Monsieur Jean-Noël Bloom

  Département de la Communication du CGRI

– Monsieur Jean-Marc Desponds

  Directeur du Festival d’humour et du dessin de presse de Morges

– Madame Mireille Vergison

  Attachée Economique et Commerciale de la Région Wallonne

 (Ambassade de Belgique Abidjan)

– Mesdames Denise Epoté-Durand et Sylvie Sainte-Beuve

  Directrice et Assistante TV5 Afrique

– Monsieur et madame Stéphane et Carine Royer

– S.E.M Dirk Verheyen

  Ambassadeur de Belgique en Côte d’Ivoire

– Monsieur et madame Michel Arion

  Chef de délégation de l’Union Européenne à Abidjan

– Monsieur Larry Ali

  Directeur Général de Riacom

 

– S.E.M Laurent Gbagbo

  Président de la République de Côte d’Ivoire

– Monsieur VOHO Sahi

  Conseiller Culturel de la Présidence – Côte d’Ivoire

– Monsieur Georges W. Aboké

  Conseiller spécial du Président pour les réformes en communication

– Madame Martine Cofi-Studer

  Ex-Ministre Déléguée à la Communication

– Monsieur Mel Eg Théodore

  Ex-Ministre de la Culture et de la Francophonie

– Monsieur Kouadio Comoé

  Ministre de la Culture et de la Francophonie

– Monsieur Modeste Dogbo

  Directeur des Affaires culturelles (District d’Abidjan)

 

– Tous les auteurs invités

  (y compris ceux qui n’ont pu effectuer le déplacement),

– Tous les participants aux concours du festival