Des débuts difficiles…

Septième Choc est une jeune maison d’édition de la banlieue parisienne née en 2003, à l’initiative d’un graphiste et d’un dessinateur de 6D. Les débuts sont compliqués, car la barre est placée plutôt haut ! En effet, vouloir publier des albums sur la banlieue, et en même temps faire de la BD sociale est loin d’être évident pour commencer… Mais la volonté est là, même si la tâche s’avère plus ardue que prévu.

Entre désillusions et travail acharné, Dikeuss, dessinateur de BD et fondateur de la structure, fils d’immigrés serbes passé par la Ddass et de multiples petits boulots alimentaires, dépose le dossier Septième Choc sur le bureau de tous les diffuseurs parisiens, sans résultats.

Malgré la conviction ferme qu’il est temps de parler de banlieue dans le médium BD, tout le monde est sûr qu’il s’agit là d’un sujet peu porteur pour le public. Deux ans après éclatent les émeutes des quartiers…

Les premiers albums : une gageure !

Ainsi débute la vie de la BD de banlieue Les Assistés, une chronique urbaine relatant le quotidien de cinq lascars dans leur apprentissage humoristique de la vie… Dès le tome 1, les libraires sont unanimes : c’est l’album le plus volé ! Plutôt encourageant… Deux magazines prépublient très vite la série(L’Affiche et Radikal) et le tome 2 est couron BD/livre de l’année 2004 par les lecteurs du joun « RAP », leader de la presse hip-hop en France. Il < à noter qu’à cette époque, quelques journalistes médias remarquent l’album livier Cachin, Jean-Pieirre Fuéri du journal Bodof, Serge Levaillant de Fran inîer, MCM, Canal Plus. Europe 1…. Des libraires curieux et ouverts découvrent égaleme l’album et le défendent. Les diffuseurs, attendant un succès de librairie plut qu’un succès d’estime, ne s’engagent pas à diffuser Septième Choc.La vraie notoriété de la maison d’édition survient, en 2006, avec la parution de l’album collectif Amiant chronique d’un crime social qui relate des histoires vraies de victimes de l’amiante. La BD obtient le prix Tournesol au Festival d’Angoulérne cette méme année, et une exposition itinérante sur le sujet com- mence à tourner en France dans de nombreuse collectivités souhaitant sensibiliser le public. L’Italie et le Brésil demandent par la suite un droit d’adaptation de ce livre dont la notoriété dépasse le frontières françaises. Résultat : 5 000 albums vendu? 2 000 dédicaces en un an, le tout… sans diffuseur

Une nouvelle donne dans la BD francophone..

C’est à la faveur d’un dossier présenté à Luc Besson en 2007 qu’un vrai tournant s’opèr.

La rencontre de Dikeuss et de Luc Besson est placée sous le signe de l’émotion, le réalisateur se déclarant prêt à soutenir une initiative éditonale ambitieuse, et à y associer sa réputation d’homme de cinéma. La seule condition : faire des albums de qualité. Pour la première fois, un interlocuteur est sensible et à l’écoute d’un jeune artiste obstiné. Désormais proche d’EuropaCorp (la société de production de Luc Besson) et d’Intervista (la maison d’édition du groupe) par un système de coédition, Septième Choc est prête à développer une politique éditoriale tournée vers l’urbain et le social, mais aussi vers des BDde pur divertissement, sans oublier quelques albums adaptés du catalogue des productions EuropaCorp.La représentation commerciale est organisée via le diffuseur des éditions Intervista : le CDE (Groupe Gallimard).

Des BD faites avec amour…

Le catalogue Septième Choc est très équilibré. Il va de la BD intimiste à la BD d’aventure, de la BD urbaine à la BD sociale. Le point commun : une exigence de qualité, des scénarios lus par le comité de lecture cinéma d’EuropaCorp, l’expérience de Pascale Parillaud (éditrice chez Intervista) et des artistes chevronnés, écoutés et respectés… par un dessinateur de BD, Dikeuss.

Par ailleurs, un plan média est en préparation pour le Festival d’Angoulême 2008, qui verra la venue de Luc Besson pour le lancement officiel de Septième Choc. Dans un climat professionnel de surproduction, ils chercheront à faire venir un nouveau lectorat, tout en essayant d’intéresser les amateurs traditionnels. Toujours en surprenant.

Leur vraie stratégie : l’honnêteté et la passion

Tout comme EuropaCorp, il ne s’agira jamais pour ce nouvel éditeur de réfléchir en termes de finances, mais de projets artistiques, dans le respect de leurs partenaires et des artistes qu’ils auront l’honneur de publier et de faire connaître.

Claude Moliterni