Le 12 juillet, la CRE a rendu un verdict sans appel. « Ce livre contient des images et des mots aux préjugés racistes abomina­bles, où les « sauvages »apparaissent comme des singes et par­lent comme des imbéciles, (…) Le fait que l’ouvrage ait été écrit il y a longtemps ne les rend pas plus acceptable- » La Commission pour l’égalité des races a rendu un jugement de Salomon, elle n’a pas interdit  la bande dessinée, mais elle a fait certaines réserves quant à la la vente de l’album. Néanmoins quelques semaines plus tard  la chaîne américaine Borders et Waters-tone’s a décidé de retirer Tintin au Congo du rayon pour enfants  pour le placer dans le rayon adulte quant aux librarires anglais , ils n’ont rien changé à leurs habitudes.

Le plaignant Bienvenu Mbutu Mondondo qui a été sensibilisé, comme toute la communauté congolaise de Bruxelles par l’avis rendu au Royaume Uni contre cette BD, pleine de préjugés  racistes et de violence, devrait  jeter un regard sur les serials, les films de Tarzan, les bandes dessinées exotiques de l’époque ainsi que les films américains des années 30( Autant en emporte le vent, par exemple) où les braves nounou noires s’exprimaient dans un français des plus approximatifs et qui faisaient la joie des jeunes de l’époque.

 

La première version en noir et blanc de Tintin au Congo fut éditée en 1931. puis redessinée en couleurs en 1946, et à ce moment Hergé jugea bon de gommer  certains détails un peu trop colonialistes. Mais  l’album connaît la disgrâce et il faut attendre 1970 pour que l’on commence à le retrouver dans les linéaires.

 

Claude Moliterni