EPISODE 1: DU CARREFOUR EN GENERAL…
 
Comme vous avez pu le constater si vous êtes des fidèles de ce site, la fière bannière de la ville d’Aubenas flotte sur notre page d’accueil depuis cette semaine. Et si vous nous êtes très fidèles (ce dont je ne doute pas), vous devez donc savoir que BDzoom est l’organisateur avec le service culturel d’Aubenas, la Maison de l’Image et les cinémas de la ville, d’un nouvel événement culturel qui devrait ravir tous les passionnés de bande dessinée: le Carrefour du 9e Art et de l’Image d’Aubenas, dont la première édition aura lieu du 14 au 17 juin 2007. A une semaine de l’ouverture de cette manifestation, je vous propose ici-même en avant-première -et ce tous les deux jours jusqu’au 14 juin- une rubrique se penchant sur les grands thèmes qui seront abordés lors de ce Carrefour. Auteurs, expositions, conférences, dédicaces, films, événementiels: nous nous pencherons ensemble sur une programmation qui s’avère riche et passionnante. Pour celles et ceux qui voudraient tout savoir d’un seul coup, sachez que la bannière de la page d’accueil est cliquable et qu’elle vous amène avec grâce et talent au site de l’événement (www.aubenasbdimage.com) où vous pourrez télécharger le programme essentiel et accéder au lien du site www.opalebd.com afin de connaître les jours de présence des auteurs venant dédicacer. Avouez qu’on prend soin de vous, quand même…
 
Claude Moliterni, le co-créateur et directeur artistique de ce Carrefour du 9e Art et de l’Image, a conçu le festival dans un esprit particulier entendant retrouver ce qu’avaient pu être à leurs débuts (et donc avant que l’aspect commercial ne vienne tout dévorer) de grands festivals de BD encore pétris d’une dimension humaine et d’un amour irraisonné de la bande dessinée, où tous les amoureux des bulles se rencontraient pour parler BD, manger BD, boire BD, rire BD, respirer BD, en discutant aussi de tout autre chose que de cette sacrée BD, mais toujours dans un esprit de passion partagée et d’amitié constructive (on pensera plus particulièrement à Lucca dans les années 60). Oh, oui, je sais, j’en entends déjà qui diront que c’est encore un projet de vieux nostalgique, et que tenter de retrouver l’esprit d’une époque ne donnera rien de neuf… Eh bien c’est exactement le contraire! Claude Moliterni, malgré l’image complètement dénaturée qu’on donne trop souvent de lui (et qu’il ne dément pas tout simplement parce qu’il n’a pas de temps à consacrer à ce temps que perdent les autres dans ce genre de ragots, bien trop occupé à travailler 35 heures sur 24 par amour de la BD, lui), a toujours été d’une jeunesse redoutable et d’une écoute de l’air du temps qui donnent un sacré coup de vieux à de jeunes louveteaux tels que moi: rappelons par exemple -pour ne pas être trop cruels- qu’il parlait déjà de Kent Williams il y a 20 ans alors que certains de ses détracteurs spécialistes commencent tout juste aujourd’hui à se rendre compte que ce dessinateur génial existe. Le Carrefour du 9e Art et de l’Image s’avère même terriblement moderne et responsable, en ce sens où il n’est pas ici question d’organiser un supermarché de ventes d’albums et de produits dérivés déguisé en salon, mais bien de retrouver l’essence même de l’amour de la bande dessinée au travers d’événements réalisés avec justesse et en adéquation avec les réalités de notre contexte culturel et artistique. Ce qui est has been, ce n’est pas de revenir à l’essentiel en collant à son temps, mais bien de continuer à tromper le public en créant ou cautionnant des salons qui n’en sont pas et où personne n’en revient plus riche (mais souvent plus pauvre). Ici il est question d’instaurer un lieu, un temps, un espace, où les vrais passionnés puissent se rencontrer et échanger des réflexions, des sentiments, mais aussi découvrir dans un temps légitime et gratuit (à part le cinoche) ce que la bande dessinée offre aujourd’hui de ramifications plus ou moins évidentes avec les nouvelles cohortes de l’image qui entourent et submergent notre quotidien, plus particulièrement par le biais des médiums artistiques confirmés ou émergeants comme le cinéma ou les nouvelles images du multimédia.
 
Des mangas au comic books en passant par les adaptations cinématographiques de BD très en vogue depuis quelque temps, de l’état du marché de la BD au story-board et aux jeux vidéo en passant par de grands auteurs classiques et/ou actuels, ce Carrefour parcourera les mouvances du moment au sein de différents lieux de la ville d’Aubenas. Aubenas est une ville qui aime les images, elle n’a plus à le démontrer. Déjà organisatrice des Rencontres des Cinémas d’Europe, une manifestation où sont déjà passés en chair et en os Ettore Scola, Stephen Frears, Patrice Leconte, Bertrand Tavernier ou John Boorman (Boorman dans les gorges de l’Ardèche, ça laisse rêveur, si vous voyez ce que je veux dire…), Aubenas est donc une ville où, grâce à une équipe des Services Culturelles passionnée, efficace, et à des personnes réellement engagées, des événements culturels intéressants peuvent émerger et se construire. Gageons qu’après cette première florissante et possédant déjà de bien beaux pétales, la deuxième sera tout simplement éblouissante et merveilleusement parfumée…
 
En conclusion à ce premier épisode (et avant que vous cliquiez sur l’appareil photo en haut à droite de cette page afin d’accéder à des documents relatifs au Carrefour), je n’oublierai pas de vous dire qu’au-delà de l’événementiel c’est toute la ville qui va vibrer au rythme de la bande dessinée et des images pendant cette manifestation: L’Echappée bulle (expositions des « enfants de la bulle » au sein  du Parcours Images du Collège Saint Rémi d’Aubenas, associés aux classes en Arts Plastiques), une carte blanche à un très jeune auteur (Mickaël Dupré), une fresque réalisée pour l’hôpital d’Aubenas à l’iniative de l’association Idées+, l’action des commerçants de la ville par l’intermédiaire de l’association « Aubenas, tous ensemble » qui permettra à la ville d’arborer les couleurs de la BD dans les vitrines et les rues.Nous remercions tous les partenaires investis dans le projet et qui rendent possible la gratuité des événements, grâce à leur soutien la bande dessinée va pouvoir s’offrir avec sincérité à tous les publics.
 
Prochain épisode: dimanche. Au programme: les conférences du Carrefour.
 
Cecil McKinley.