Prépubliée en magazine, sa série Goblin’s (une histoire pleine de vivacité qui présente une suite de planches humoristiques déclinant les aventures d’une horde de monstres verts aux crocs pointus, aussi méchants que malchanceux) vient de connaître la consécration de l’édition en album. Alors que le premier tirage s’est épuisé en quelques semaines, et que les ventes dépassent déjà les 10 000 exemplaires, le bouche à oreille fonctionne à plein : incontestablement, le mélange détonnant d’héroic fantasy et de gags loufoques correspond bien à l’air du temps, touchant petits et grands.

 

A l’image d’Alix et d’Angélique qui, venus acheter un album pour leur fils Alexandre, profitent de l’occasion pour obtenir une dédicace personnalisée. Passionné par les séries de type Lanfeust, le couple a eu un coup de foudre pour Goblin’s : « Je l’offre à mon fils, mais j’en profite pour le lire », avoue malicieusement Alix.

 

Corentin ne boude pas son plaisir. Né il y a 22 ans, ce drouais qui habite toujours la Cité américaine, se définit comme un autodidacte qui, il y a peu, ne se destinait même pas à la bd. Après le collège Camus, il fait une année à Paris dans l’Ecole Renoir, mais l’enseignement très-trop classique ne convainc pas cet amateur de dessins publicitaires, plus attiré par le style réaliste que par les canons impressionnistes et qui puise son inspiration éclectique du côté d’un Nicolas Malfin (son premier « flash » en terme de bd), d’un Vatine, de l’américain Frank Miller ou des mangakas. Pourtant, son arrivée à Paris a conditionné son avenir : à la sortie d’un musée, il rencontre dans le métro le scénariste Tristan Roulot. L’un porte un lourd sac d’albums, l’autre une énorme planche à dessins. Le contact passe aussitôt. Devenus amis, les deux copains montent alors plusieurs projets de bd. C’est le plus spontané, « celui qui nous avions fait pour nous marrer », confie Corentin, qui leur permet d’être accueillis dans le magazine Lanfeustmag.

 

Travaillant en étroite symbiose, les compères se complètent parfaitement. « Tristan me laisse une grande liberté, il n’y a aucun problème d’ego, nous échangeons nos idées. Il réalise un story-board léger, l’un ou l’autre fait le découpage, et le travail est lancé » explique Corentin qui avoue que la série absorbe actuellement toute son énergie.

 

Et l’avenir ? S’il ne peut pas encore prétendre vivre de son travail de dessinateur, le jeune drouais annonce deux autres oeuvres de longue haleine : un de science-fiction et un autre portant sur un cycle de contes fantastiques. Les styles graphiques en sont à chaque fois très différents, pour coller à l’ambiance du récit. Doué d’une grande plasticité technique, qualité rare à cet âge, Corentin paraît aussi à l’aise dans les encrages de noir épuré que dans le style comics. « Goblin’s n’est pas mon style naturel, mais il le devient » plaisante-t-il, avec un éclair dans les yeux. L’avenir semble de fait sourire à ce jeune homme talentueux qui pense « qu’une existence ne suffira pas pour concrétiser tous mes projets ». Alors Corentin, que les dieux de la bd te prêtent une très longue vie, pour le bonheur de tous tes fans.

 

 

 

Joël Dubos

 

 

 

 

 

Légende des photos disponibles en cliquant sur l’appareil photo:

 

– Corentin Martinage en séance de dédicace à la librarie Fun en bulle, ici en compagnie de son ami Nicolas Vadeau, rédacteur d’un magazine bd et fan de la première heure.

 

Corentin Martinage dédicace pour son public à la librairie Fun en bulles, ici Angélique et Alix venus acheter un album pour leur fils Alexandre, et Nicolas Vadeau à sa droite, fan de la première heure et rédacteur de webzine.