Le Tournesol 2006, prix décerné à l’initiative des Verts, revient cette année à un collectif de jeunes dessinateurs (Pauline Casters, Cordoba, Fred Coicault, Ian Dairin, Dikeuss, Kkrist Mirror, Lazoo, Jean-Fédéric Minéry, Jean-François Miniac, Thierry Olivier, Unter), sur des scénarios de Dikeuss et Albert Drandov, pour leur album Amiante, chronique d’un crime social (Ed. 7° Choc). Ce prix « off » du festival d’Angoulême récompense la BD la plus écolo de l’année. Il est désormais écolo-francophone.

Cet album l’a emporté de peu sur « Low life » de Ivan Brun (Tanibis), « II faut tuer José Bové » de Jul (Albin-Michel), « Galopu sauve la Terre » de Matt Konture (L’Association) et « Les portes du possible » de Schuiten & Peeters (Casterman). Le jury était présidé par le secrétaire national des Verts, l’illustrateur Yann Wehrling et comprenait l’ancienne secrétaire fédérale de Ecolo (Verts belges), Brigitte Ernst, une représentante des Verts suisses, Danielle Borkowski, une Verte de Poitou-Charentes, Chantal Nocquet, les dessinateurs Manu Larcenet (lauréat 2005, mais que sa récente paternité a empêché de venir) et Jean Sole.

Cet album, édité par un petit éditeur(www.septiemechoceditions.com , 15 euros), raconte de façon poignante, sans concession ni pathos, la condition des victimes de l’amiante, ce poison industriel qu’aucun gouvernement en France n’a voulu affronter en face, en engageant une réelle politique de désamiantage. Au moment de l’affaire scandaleuse d’Aulnay sous Bois, et de l’affaire guignolesque et lamentable du porte-avions Clemenceau, véritable bloc d’amiante flottant que la France ne veut pas traiter et préfère envoyer en Asie où l’on est moins regardant sur la santé des travailleurs, ce prix vient à point rappeler que 2000 personnes en meurent chaque année, les poumons perforés par les fibres tueuses.

Le journaliste Albert Drandov et l’éditeur-dessinateur Dikeuss, au travers de brèves histoires édifiantes et très documentées, que les dessinateurs (dont le chevronné K.Mirror) ont mis en images avec conviction. Entrecoupé d’éléments d’information, ce recueil touche aux tripes, car puisé aux sources même, les témoignages des victimes. Ce sont ces qualités d’authenticité, de pédagogie et de justesse qui ont convaincu le jury de le choisir, face à des albums au dessin plus abouti et plus séduisant.

Pour célébrer le 10° anniversaire du prix, les Verts ont également attribué un Supertournesol à un auteur dont l’œuvre entière « parle » aux écologistes. C’est un collectif d’écologistes amoureux de BD qui a choisi nettement F’Murr, auteur du «Génie de Alpages » mais aussi du « Char de l’Etat dérape sur le sentier de la guerre », un de rares « grands » de la BD jamais récompensé par le grand prix d’Angoulême.Bilal & Christin, Schuiten & Peeters, Cabu, Quino, Squarzoni et Léo ont également obtenu des voix.

Le collectif Amiante et F’Murr ont reçu leur prix sous forme de sculptures en bois (une représentant un album de BD l’autre une bulle) réalisées par le sculpteur Vert Joan-Peire Rémy. Les Verts vont maintenant promouvoir ces deux prix à leur façon.