Vous trouverez ci-dessous le palmarès du concours « Vues d’Afrique », dont les lauréats, venus de pays francophones, anglophones ou hispanophones, seront au festival pour présenter leur œuvre lors d’une exposition à l’espace Franquin. Deux tables rondes consacrées à la bande dessinée africaine permettront au public européen de découvrir une BD pour l’instant peu connue en dehors de ses frontières. Vous trouverez également en fin de ce communiqué une courte biographie de chacun des lauréats.

Pour les contacter durant le festival, joindre Sébastien Langevin, (06 63 19 24 05, slangevin@bdangouleme.com). Des visuels sont à votre disposition sur simple demande.

 

 

Le concours « Vues d’Afrique »

 

Les jurés du concours « Vues d’Afrique », organisé par le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) et soutenu par le ministère français des Affaires étrangères, ont désigné les 10 meilleures bandes dessinées reçues à l’issue du concours. Tous les auteurs cités ci-dessous seront présents au Festival d’Angoulême, du 26 au 29 janvier 2006. Les trois premiers bénéficieront d’une semaine en résidence à la Maison des auteurs du pôle Magelis à Angoulême. Une exposition « Vues d’Afrique » est organisée lors du festival, reprenant les 10 œuvres primées à l’espace Franquin. Les auteurs participeront également le samedi 28 janvier à 14H à une table ronde autour du thème du concours : « Ma ville aujourd’hui, ma ville demain ».

 

* Bangui la coquette, de Didier Kassaï (Centre Afrique)

 

* Le plan B, de Ramon Esono Ebalé (Guinée Equatoriale)

 

* L’apparence, de Didier Randriamanantena (Madagascar)

 

* Lomé à 1/50 000ème, d’Anani et Mensah Accoh (Togo)

 

* Cape Doctor, de Brice Reignier (Afrique du sud)

 

* Colère sur la ville, d’Adjim Danngar (Tchad)

 

* Abri 3 000, de Mendozza (Côte d’Ivoire)

 

* Zoom sur Ouaga, de Zoumabé Sylvestre Kwene (Burkina Faso)

 

* France au revoir, de Joël Salo (Burkina Faso)

 

* El Dorado, de Samba Ndar Cisse (Sénégal)

 

 

Le jury, qui s’est réuni jeudi 22 décembre au ministère des Affaires étrangères à Paris, était composé de Virginie Andriamirado (rédactrice en chef de la revue Africultures), Michel Boglietto (Ministère des Affaires étrangères), Franck Giroud (coauteur de la série Le Décalogue), Sébastien Langevin (journaliste, FIBD), Pat Masioni (coauteur de Rwanda 1994), Claude Moliterni (journaliste, Cofondateur du FIBD), Jean-Philippe Stassen (auteur de Deogratias), et de Lucienne Voisin (Ministère des Affaires étrangères).

 

 

Programme des tables rondes
sur la bande dessinée africaine

 

w L’Afrique vue d’ici

Jeudi 26 janvier, 16h-17h30, espace Franquin

De nombreux bédéastes originaires du continent africain choisissent de vivre en Europe pour mieux décrire leur société d’origine. Cette distance géographique leur permet-elle de prendre un recul salutaire ou entraîne-t-elle au contraire une coupure avec le quotidien africain ? La parution en Europe d’albums de bande dessinée parlant de l’Afrique et réalisés par des auteurs Africains apporte au public une nouvelle vision du continent. Plus réalistes que les productions européennes sur le même sujet parfois encore teintées de colonialisme bienveillant, ces bandes dessinées nous font découvrir une Afrique complexe, surprenante et fascinante de vitalité.

 

Sont prévus six auteurs :

– Marguerite Abouet (Côte d’Ivoire) et Clément Oubrerie (France) : auteurs d’Aya de Yopougon (Gallimard) (album nominé en sélection officielle pour le prix du meilleur premier album)

– Pat Masioni (République Démocratique du Congo) : auteur de Rwanda 1994 (Albin Michel)

– Christophe Ngalle Edimo (Cameroun), Armella Leung (Madagascar) et Raphaël Espinel (Colombie), tous les trois membres de l’association « L’Afrique dessinée »

 

 

w Vues d’Afrique : ma ville aujourd’hui, ma ville demain

Samedi 28 janvier, 14h-15h30, espace Franquin

Les lauréats du concours « Vues d’Afrique », organisé en partenariat avec le ministère français des Affaires étrangères, viennent témoigner du caractère éminemment urbain de l’Afrique contemporaine. Loin de nombreux clichés encore en vogue en Europe, le continent noir vit en effet au rythme de mégalopoles surpeuplées où les conditions de vie sont souvent difficiles. Mais l’énergie des cités est également source d’inspiration et sujet de scénarios pour les auteurs. C’est au sein même et au sujet des villes que les plus grands succès de la bande dessinée se sont bâtis en Afrique. Entre inquiétude et espoir, les villes du continent se dévoilent en bande dessinée, média souple et réactif, en prise direct avec la rue africaine.

 

 

Biographies des lauréats
du concours « Vues d’Afrique »

 

Didier Kassaï

Bangui, Centre Afrique

Autodidacte, Didier Kassaï commence sa carrière de dessinateur comme caricaturiste pour le quotidien centrafricain Le Perroquet en 1997. A partir de cette date, il suit de nombreuses formations en bande dessinée à Bangui, Libreville, Yaoundé, Kinshasa et Bruxelles. En 2000, Didier Kassaï, participe à l’album collectif A l’ombre du baobab, qui donnera lieu à une exposition au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2001. Il collabore ensuite aux ouvrages Africa Comics (Italie) et Shege (Cameroun). Devenu formateur à son tour, il collabore depuis 2005 au projet Educa 2000 à Bangui, pour lequel il dessine des bandes dessinées à vocation pédagogique où évolue son héros Gipépé le pygmée.

 

Après une résidence d’auteur à l’institut franco-japonais de Tokyo, Didier Kassaï a signé « Bangui la coquette » pour le concours « Vues d’Afrique », une histoire magnifiquement mise en couleurs, concentrée de l’ambiance et des paysages urbains de l’Afrique moderne.

 

 

Ramón Esono Ebalé (Ramon y Questo)

Malabo, Guinée Equatoriale

Caricaturiste pour de nombreux magazines (La Gaceta de Guinée Equatoriale, Hola, El Patio, Okume…) et quotidiens nationaux (La verdad, La razon), Ramón Esono Ebalé a également été professeur de dessin à l’Institut culturel d’expression française de Malabo. Depuis le premier prix au concours de dessin pour les moins de 10 ans organisé par l’Unicef en 1983, il a reçu de nombreuses récompenses, comme la première place du concours de dessin de la fête de l’Hispanidad du Centre culturel espagnol, obtenue à huit reprises ! En septembre 2005, Ramón Esono Ebalé a lancé Para-Jaka, premier cyber-magazine de bande dessinée africaine auquel collaborent des bédéastes du Cameroun, du Gabon et du Congo.

 

Introuvable solution aux maux de l’Afrique, « Le plan B » demeure un mystère où la beauté des mises en couleurs n’a d’égale que la richesse des cadrages.

 

 

Didier Randriamanantena (Didier Mada BD)

Antananarivo, Madagascar

Véritable monument de la très riche bande dessinée malgache, Didier Randriamanantena, alias Didier Mada BD, est un auteur prolixe : il compte à son actif une dizaine d’albums personnels et des collaborations à plus de 15 ouvrages collectifs. Lauréat de nombreux concours nationaux et internationaux, il a notamment publié des albums sur l’histoire de Madagascar comme Nampoina ou Imbora, le roi et Ifara aux éditions italiennes Lai Momo. Il est également membre fondateur et président de l’association « Mada BD Kolontsaina », professeur de bande dessinée et de peinture et a participé à de nombreux événements autour le bande dessinée africaine à Libreville, Bruxelles, Paris, Angoulême, Münich… Didier Mada BD vit désormais entre Antananarivo et Paris, où il participe aux activités de l’association « L’Afrique dessinée ».

 

Dans « L’apparence », on retrouve le chatoiement des couleurs de la Grande île et la saveur particulière de cette langue française d’outre-mer.

 

 

Anani et Mensah Accoh

Lomé, Togo

Après des études scientifiques, les frères Anani et Mensa Accoh s’orientent rapidement vers leur passion : le dessin. A peine âgés de vingt ans, il remportent en 2000 le deuxième prix du concours de dessin de la journée de lutte contre le Sida organisé par la Banque mondiale au Togo. Un prix qui leur permettra l’année suivante de réaliser leur première bande dessinée « Une si longue vie », dans le cadre de la campagne Sida de la Banque mondiale. Ils publient ensuite Vie quotidienne au Togo, une bande dessinée à visée touristique pour l’instant en deux volumes. En 2005, Anani et Mensah Accoh illustrent la « boîte à outils Aissa pour faciliter l’intensification agricole » et animent un atelier de bande dessinée pour le compte de l’ONG l’Homme, la Nature, l’Environnement.

 

Avec « Lomé au 1/50 000ème », ils ont créé pour le concours « Vues d’Afrique » une histoire simple et ambitieuse où des enfants construisent de leur main un futur forcément meilleur…

 

 

Brice Reignier

Le Cap, Afrique du Sud

Illustrateurs aux multiples talents, Brice Reignier travaille aussi bien pour des livres d’enfants que dans l’animation 3D, le design, le story board ou la création de bande dessinée. Après avoir passé cinq ans dans la société d’effets spéciaux Atomic VFX, il est désormais illustrateur senior à Mamba media où il est en charge du développement de nouveaux concepts graphiques par les outils 3D. Il prépare actuellement une bande dessinée en noir et blanc de 36 pages nommée !Kung.

 

« Cape Doctor », tel est le nom donné par les habitants de la ville au vent local. Un vent qui chaque soir se lève pour nettoyer les rues du Cap.

 

 

Adjim Danngar (Achou)

N’djamena, Tchad

Caricaturiste dont l’occupation favorite est de participer à des concours internationaux de caricatures (Yaoundé, Turin, N’djamena, Bangui, Istambul, Tamanrasset…), Adjim Danngar, alias Achou, a remporté le second prix du concours de la caricature de Turin en 2004. Entre 2002 et 2004, il est illustrateur au quotidien Rafigui à N’djamena, puis pour le journal satirique Le miroir. Formateur en technique de dessin, ses travaux sont régulièrement exposés en France (festival Texte et bulles de Damprai) et au Tchad (Centre culturel français de N’djamena). Désormais installé à Paris, Adjim Danngar est membre de la dynamique association « L’Afrique dessinée » avec laquelle il a réalisé un album collectif à paraître.

 

Dans un style graphiquement très abouti, « Colère sur la ville » témoigne de la difficile condition de certaines jeunes filles dans les villes du continent africain.

 

 

Maxime Aka Gnoan Kacou (Mendozza)

Abidjan, Côte d’Ivoire

Après son diplôme obtenu à l’école des arts d’Abidjan, Mendozza débute sa carrière comme professeur en 1991. En 1999, l’appel de la presse et de la caricature est trop fort. Avec des amis, il fonde un magazine de bande dessinée et d’humour : l’hebdomadaire Gbich !. Toujours rédacteur en chef adjoint de cette publication incontournable en Côte d’Ivoire, il est également secrétaire général de l’association de dessinateurs « Tâche d’encre » et participe activement à l’organisation du festival « Cocobulles » d’Abidjan dont la troisième édition aura lieu en avril 2006. Exposé en Italie, au Sénégal et en France, Mendozza a récemment publié un recueil de dessins humoristiques intitulé Proverbes sérieusement illustrés.

 

Les cordonniers sont souvent les plus chaussés : voilà certainement le proverbe qu’a voulu illustré Mendozza avec « Abri 3 000 », une fable faussement moderniste et vraiment ironique.

 

 

Zoumabé Sylvestre Kwene

Ouagadougou, Burkina Faso

Toujours étudiant en droit à l’université de Ouagadougou, Zoumabé Sylvestre Kwene a participé à de nombreux ateliers de formation sur la bande dessinée, la caricature et l’illustration. Son trait vivant et expressif lui permet de rapidement se faire connaître à Ouaga. Depuis 2004, il travaille en tant que bédéaste et caricaturiste dans l’un des principaux quotidiens du Burkina Faso, L’observateur paalga.

 

Le personnage qui déambule dans les rues de « Zoom sur Ouaga » semble découvrir une ville de rêve. Sympathique et entraînant, il nous guide dans une cité où tout Burkinabé souhaiterait vivre.

 

 

Joël Salo

Ouagadougou, Burkina Faso

Diplômé en arts plastiques en 1994, Joël Salo réalise aussi bien des bandes dessinées que des caricatures ou des peintures. Depuis 1994, cet auteur burkinabé a reçu de nombreuses récompenses dans son pays, notamment le premier prix de bande dessiné décerné par l’Unicef en 2002 et en 2004. Son album Wambi a été édité par le ministère burkinabé de la culture, des arts et du tourisme, et il est l’illustrateur de L’enfant qui voulait voir Dieu, paru aux éditions françaises Edicef. Joël Salo collabore régulièrement à l’hebdomadaire satirique Bendré. Plusieurs de ses bandes dessinées (Poko n’ira pas à l’école, Gamba, Un gosse en enfer…) attendent d’être éditées.

 

« France au revoir » reflète une réalité présente dans de nombreuses capitales africaines : la prolifération des voitures d’occasion importées d’Europe dans un état de délabrement avancé. Même avec ses déchets, l’Occident parvient à faire des profits.

 

 

Samba Ndar Cissé

Dakar, Sénégal

Samba Ndar Cissé a un riche parcours dans tous les domaines du dessin. Après avoir reçu en 1993 le premier prix du concours de scénario du Centre culturel français de Dakar, il devient graphiste professionnel pour l’Institut sénégalais de recherches agricoles. De 1995 à 1998, il est caricaturiste pour le journal Sud quotidien sous la signature de Bath Cissé. Il acquiert alors les techniques académiques du dessin pour devenir storyboarder et animateur dans l’industrie du dessin animé. Samba Ndar Cissé revient ensuite vers la caricature dans le journal satirique Cactus et publie ses premières bandes dessinées : Moments privés et vision de l’avenue Ponty et Hé waay copain. Il a également  illustré une douzaine d’ouvrages pour enfants et collabore régulièrement avec de nombreuses institutions et ONG internationales.

 

L’histoire relatée dans « El Dorado » est d’une cruelle actualité : de plus en plus d’Africains souhaitent quitter leur continent à tout prix, dans l’espoir d’être accueilli dans une ville occidentale où la vie serait plus douce.

 

 

 

 

 

Pour plus de renseignements :

Sébastien Langevin, + 33 (0)6 63 19 24 05, slangevin@bdangouleme.com.