Discuter quelques minutes avec Philippe Geluck relève du tour de force. Pas parce qu’il est inaccessible aux journalistes, il nous répond d’ailleurs tout au contraire avec gentillesse et bonne humeur, mais parce que l’auteur du Chat dispose de vraiment peu de disponibilités, au vu de son agenda, comme on dit, ultra booké ! La preuve : il arrive une bonne heure après le début prévu du cocktail de lancement de son nouvel album, au Virgin Mégastore des Champs Elysées, où nous le retrouvons. « Ces deux dernières journées ont été très chargées, nous révèle-t-il. J’ai passé celle d’hier à enregistrer la future émission dominicale de Michel Drucker puis, ce matin, j’ai retrouvé la bande à Ruquier pour sa quotidienne sur Europe 1 avant de rejoindre l’animateur sur le plateau d’On a tout essayé, et enfin de venir dédicacer ce nouvel album ici ! »

 

Il en fait trop, le Geluck ? « Pas du tout, nous répond-il ! C’est utile à mon équilibre. Peu de français, surtout ceux qui disent que je me disperse, le savent, mais dès le début de ma carrière, en Belgique, j’ai été acteur et ai travaillé à la télévision. Je suis un homme à tout faire ! »

 

PArmi ces innombrables activités figure donc celle de dessinateur d’humour. Aujourd’hui, sort un nouvel album du Chat, le treizième (Le chat a encore frappé) qu’il ne considère, pas plus que les autres, comme une bande dessinée : «  Je vais naturellement vers les gags courts, rapides et percutants », souligne-t-il. La particularité de ce livre, qui alterne, comme à son habitude, gags en une ou plusieurs cases, strip ou  planche unique, réside pourtant dans une histoire en trois planches, qui voit le Chat partir à la rencontre du célèbre Toto, en maison de retraite : « C’est d’autant plus rare, insiste Geluck, que le Chat dialogue avec un humain. » Pour Geluck, ces trois planches sont un peu un moyen-métrage. Alors, à quand le long en 44 planches ? « Surement jamais, en tout cas pas tant que je n’aurais pas le film du récit complet et surtout l’envie ». Car, il nous le rappelle, « j’ai tellement de chance de pourvoir choisir ce que je peux m’offrir et de ça, je n’en ressent pas particulièrement l’envie ». Tant pis (ou tant mieux, c’est selon) donc ! Il faudra se « contenter » de ce nouveau recueil, qui démontre que l’auteur n’a rien perdu de sa verve humoristique dans tous les sujets qu’il aborde même si se détache, plus sérieusement, une prise de conscience écologiste : « C’est pour me faire pardonner d’abattre des arbres pour faire mes livres », plaisante-t-il, avant de reprendre, sur un ton plus grave : « L’écologie me préoccupe depuis longtemps. Dans les années 1960, j’ai été très frappé par le discours de René Dumont. Tout ce qu’il avait prévu se révèle vrai ! Même si je suis potache et fait le sale gamin, il doit transparaître de vraies préoccupations, comme celle là, dans mes ouvrages et mes paroles. Le clown peut se poser des questions ! »

 

 

 

Laurent Turpin