Le tract est simple mais efficace : Appel aux armes de l’armée de libération maurane (ALM) ! Pour une Mauranie libre !

 

 

 

La Mauranie … Késako ? Un pays africain dirigé par le roi-dictateur Rodon, présenté sur le site internet www.mauranie-goc.com et où les rebelles de l’ALM vous invite à envoyer vos doléances. Il faut dire qu’avec Benoît Sokal et ses éditeurs, Micro Application et Casterman,  les rebelles au pouvoir totalitaire mauranien ont trouvé un soutien de poids. Ceux-ci ont en effet accepté de concevoir à la fois un jeu vidéo et une bande dessinée (en quatre tomes) pour rétablir la vérité !

 

On le comprend, le lancement de Paradise se fait au travers de moyens de communication classiques … pour le jeu vidéo ! Celui-ci sortira d’ailleurs au printemps prochain. Mais Paradise est plus que ça, il s’agit en effet du premier univers multi-support édités sous plusieurs formes complémentaires. Entendez par là qu’à partir d’un concept original, toutes les déclinaisons (et non les adaptations, ne confondons pas) sont envisagées. Jeu vidéo et BD, ici , mais pourquoi pas audiovisuel, internet, applications mobiles ou évidemment films d’animation, plus tard ou ailleurs.

 

 

 

Bien entendu le délai de réalisation diffère selon les supports. C’est donc dans cette logique que le premier tome de Paradise, la BD, vient de paraître. Celui-ci, dont le dessin a été confié au jeune Brice Bingono (qui démontre une habileté positivement étonnante pour un premier album) met en scène l’arrivée de la fille du roi Rodon en Mauranie. Hélas, suite à un accident d’avion, celle-ci est devenu amnésique. L’histoire de ce tome se situe dans le premier des quatre univers du jeu vidéo, qui sortira au printemps prochain, en même temps que le tome 2 de Paradise BD, dont les deux derniers volumes paraitront donc après le jeu (ils sont prévus pour 2007). Mais pas de panique : aucun élément permettant de résoudre l’énigme ne sera présent dans la BD. Par contre, certaines situations seront évidemment plus détaillées dans tel support ou tel autre, tout comme il est évident que le travail ne procure pas les mêmes rendus. Dans une BD, une contre plongée coûte le même prix qu’un gros plan, donc on ne se gène pas. On peut aussi y mettre quelques éléments érotiques, proscrits dans l’univers américanisé du jeu vidéo.  Complémentaires, on vous répète !

 

 

 

On ne peut pourtant s’empêcher de penser aux Cités obscures de Peeters et Schuiten à l’écoute de cette stratégie multi artistico-éditoriale. Et ce n’est sans doute d’ailleurs pas le fruit du hasard si François Schuiten et Benoît Sokal collaborent actuellement sur Aquarica, un des projets en développement de White Birds Productions. La société –  qui regroupe, outre Sokal, trois autres professionnels de l’édition interactive – ayant vu l’entrée de Casterman à son capital en mars dernier, en est devenu le pôle d’expertise et de développement multimédia. Au programme, suite à ce partenariat : une série ludo-éducative, déclinaison de la série Martine et dont le premier volet : Martine à la ferme, sortira dès noël 2005..

 

 

 

Laurent TURPIN