TOONDER, Marten

Pays-Bas

2 mai 1912 à Rotterdam- 27 juillet 2005

Après de brèves études artistiques à Rotterdam, Toonder publie sa première bande dessinée, Tobias, dans le journal Helmond en 1931. L’année suivante, il crée Bram Ibrahim dans le quotidien Nederlander que suivent Thigs Ijs et Uk en Puk (1934). Toonder va signer également Dikkie en Dunnie, Jim en Soe, De Dolende Straal, Bello, Dom Sombrero, Japie Makreel, de 1938 à 1941.

En mars 1941, dans De Telegraaf, il conçoit Tom Poes (Tom Pouce), un petit chat blanc qui va connaître, en compagnie de son ami l’ours Bommel, un énorme succès international.

En juin 1942, Toonder fonde un studio de cinéma d’animation, de bandes dessinées et de produits dérivés, en compagnie de Joop Geesink. Plusieurs artistes vont y collaborer : Hans Kresse, Lo Artog van Banda, Dick Matena. Tom Poes est modernisé par le studio en 1945 avec rajout de phylactères, la parution quotidienne gardant néanmoins un texte sous l’image de 1947 à 1986.

Après la guerre, Toonder crée Kappie (Cappi, 1945), Panda (1946), Koning Hollewijn (Arthur, 1954), tandis que le studio quitte son côté artisanal pour devenir une entreprise florissante, capable de concurrencer, en Europe, Opera Mundi et le King Features Syndicate. On surnomme alors Toonder le « Walt Disney européen » et ses personnages connaissent une diffusion mondiale.

En France, son œuvre a surtout été publiée dans des quotidiens de province. Tom Poes (Tom Pouce) se rencontre dans La Résistance de l’Ouest, puis Presse Océan (1950-1981), La Nouvelle République du Centre-Ouest (1950-1977), Le Courrier Picard (1951-1975). Panda se retrouve dans La Voix du Nord (1949-1987), Le Républicain lorrain (1951-1966), ainsi que dans le mensuel Panda édité par Artima (1957-1959). Kappie (Cappi) est présent dans La Croix (1955-1968), Le Progrès de Lyon (1959-1962), Le Courrier de l’Ouest (1950-1954) et le périodique Hurrah ! (1958). Le petit format Arthur sort, de son côté, Koning Hollewijn (Arthur, 1959-1962).

Décor fouillé à l’extrême, emploi judicieux des hachures ou des aplats noirs pour suggérer le relief, Toonder est l’ennemi de la ligne claire. Il sait utiliser avec bonheur l’effet de profondeur de champ pour faire ressortir les paysages et réaliser des décors en trompe-l’œil. Par ailleurs, négligeant le phylactère, il compose un texte en voix off et produit un effet décalé texte et images qui oblige le lecteur à saisir l’ensemble pour comprendre l’histoire.

La vie et l’œuvre de ce surprenant graphiste animalier, trop peu connu en France, sont décrites et analysées dans un passionnant ouvrage : Marten Toonder, l’enchanteur au quotidien, par H. Cannet et A. Beyrand aux éditions de la Nouvelle République en 1987. MD

in BD Guide 2005. Editions Omnibus