En voyage touristique en Egypte, Charly est victime d’un attentat. Il croit alors entrer en contact avec une danseuse antique disparue dans des circonstances tragiques et condamnée depuis à errer entre la vie et la mort.



Comme tout bon récit fantastique, cet album peut se lire à deux niveaux : de manière rationnelle, ou au contraire en acceptant l’intrusion de l’étrange dans notre monde contemporain. Conduit de manière sobre et fluide, avec un grand réalisme tant dans le trait que dans le scénario, les dialogues et les psychologies, cet album en prise avec les événements contemporains liés au terrorisme moyen-oriental, a tout pour séduire un lectorat adolescent capable de s’identifier au héros : à la fois acteur essentiel de l’aventure et ado réservé subissant le cours surprenant des choses, Charly, n’étaient ses pouvoirs médiumniques et le cadre de ses exploits, connaît les doutes et les interrogations propres à son âge. Sur une trame rappelant Théophile Gautier, cet album décline au présent une tradition fantastico-romantique qui conjugue le souci du beau, du mystère et de l’exotisme, à la fascination de la mort et d’une certaine volupté tragique, maintenant ainsi la qualité d’une série divertissante parfaitement maîtrisée.


J.D.




Tuff et Koala, t2, La maxi trouille d’Halloween, Soleil, 9,45 euros


Pour tous, humour, à partir de 6 ans, deux étoiles




De retour de la tournée aux bonbons d’Halloween, Tuff est réveillé en sursaut par des cris lugubres. Ce sont les monstres qui lancent la grande parade destinée à se venger des adultes qui ont mal accueilli les enfants. Mais des méchants ont décidé d’entraver leurs projets.



Chaleureusement présenté par Albert Uderzo soi même, ce second opus de la série conserve l’esprit général du premier tome marqué par un rythme nerveux et un humour doux. Avec son trait rond, bien servi par un encrage en couleurs vives et contrastées, ses onomatopées, sa forte expressivité et ses nombreuses péripéties, l’ensemble, qui n’est pas sans rappeler Titeuf autant que Disney, répond aux codes actuels de la BD destinée à la jeunesse. Il n’est jusqu’à l’exploitation de la thématique monstrueuse qui ne corresponde à une tendance actuelle très en vogue chez les petits. Au total, les auteurs nous livrent un album dynamique, à la lisibilité parfaite et d’une vraie richesse sémantique à travers ses jeux de mots et les noms bizarroïdes des protagonistes. Le tout se révèle parfaitement adapté à son public et à l’ambiance automnale du mois.


J.D.



Charly, t11, Une vie éternelle, Magda, Lapierre, Repérages Dupuis, 9,50 euros