UDERZO, Albert

Italie

25 avril 1927 à Fismes

D’origine italienne, Uderzo s’installe très jeune en France avec sa famille. Alors qu’il n’a que 13 ans, en juillet 1940, il est embauché par la S.P.E. où il s’initie au métier de dessinateur. Il a la chance de faire la connaissance de Calvo qui l’invite fréquemment à venir le voir travailler dans son atelier. Il reste à la S.P.E. jusqu’en 1941 et illustre dans Junior une parodie de la fable Le Corbeau et le renard. Puis il rejoint sa famille repliée en Bretagne. Il travaille alors avec son père ouvrier ébéniste et arrête la bande dessinée pendant quatre ans.

En 1945, suite à un concours organisé par petites annonces, il signe aux éditions du Chêne un récit complet : Les Aventures de Clopinard. Puis il entre aux éditions Renan où il collabore de 1945 à 1946, à un dessin animé Clic-Clac contant les aventures d’une clef anglaise. Chez le même éditeur, il publie un récit complet Flamberge gentilhomme gascon, fin 1945. Mais c’est l’année suivante, qu’il commence à faire parler de lui avec une superbe série de chevalerie dans O.K. Elle débute avec Arys Buck en décembre 1946. Cet épisode sera suivi de Buck, le prince Rollin (1947) et de Belloy l’invulnérable (1948-1949). Belloy sera repris plus tard dans Pistolin (1955-1958), puis dans Pilote (1962-1963) et en albums aux éditions Deligne (1977) et Claude Lefrancq (1988-1995).

Par la suite, Uderzo travaille aux éditions S.A.E.T.L. dans le récit complet « Sélection Le Risque-Tout » avec Zidore, l’homme macaque (1947), dans Kid Magazine avec Le Trésor de l’île fantôme (1948), Bravo ! avec une adaptation belge de Captain Marvel Junior (1950). De 1950 à 1952, il devient reporter dessinateur à France-Dimanche. À la même époque, il réalise aussi dans France-Soir : La Chambre du haut (1951) et des bandes publicitaires pour Colgate et Palmolive dans La Charente libre, Le Courrier de l’Ouest, France-Soir, La Nouvelle République. Il collabore par la suite à Risque-Tout avec Tom et Nelly, enfants du siècle (1955-1956), à Benjamin et Benjamine (1956-1958) avec la série du même nom qu’il continue dans Top (1958), à Paris Flirt avec Clairette (1957), à Jeannot avec Bill Blanchard (1957-1958), à La Libre Junior (1957) avec Luc Junior, où il travaille pour la première fois avec Goscinny.

En compagnie de celui-ci, il crée, dans Tintin, Oumpah-Pah le Peau-Rouge en 1958. Mais c’est surtout la naissance de Pilote, en octobre 1959, dont il est l’un des fondateurs avec Goscinny et Charlier, qui va lui permettre d’accéder à la notoriété. Créant à la fois une bande comique (Astérix) sur un scénario de Goscinny et une réaliste (Tanguy et Laverdure) sur un scénario de Charlier, Uderzo va réussir un véritable tour de force. Et si Tanguy est abandonné, faute de temps, à Jijé en 1966, Astérix va se révéler, au fil des ans, comme la plus grande réussite éditoriale française depuis l’invention de l’imprimerie. En album, aux éditions Dargaud à partir de 1961, le petit gaulois, d’abord imprimé à six mille exemplaires, voit ses ventes dépasser le million en 1965, provoquant un engouement extraordinaire qui n’est toujours pas retombé de nos jours. C’est d’ailleurs à partir de la publication d’Astérix que les adultes, en France, ont osé lire et parler sans honte des albums de bandes dessinées.

En 1974, Uderzo fonde avec Goscinny les studios Idéfix, afin de promouvoir les dessins animés d’Astérix qui ont débuté en 1967.

À la mort de Goscinny en novembre 1977, Uderzo continue seul à réaliser Astérix (aux éditions Albert-René à partir de 1979), avec des tirages atteignant, en 1991, sept millions d’exemplaires dans toute l’Europe (dont deux millions sept cent mille en langue française).

Grand Prix national des arts graphiques en 1986, Uderzo, grâce à un style très original conjuguant avec brio réalisme et caricature, est devenu l’un des plus grand créateur du neuvième art. MD