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PLAGISTES

Il y a soixante ans précisément, l’Amérique débarquait sur nos plages. Une paye :

tous les enfants nés cette année-Ià ont aujourd’hui atteint l’âge (légal) de la retraite. Jean Van Hamme avait déjà cinq ans.

La bannière américaine s’est, depuis, légèrement étiolée. Lui, couché sur son transat au bord de la mer du Nord, a encore des étoiles plein la tête. Ça n’est pas qu’une image. Le père de Largo Winch, de XIII et de Thorgal nous l’a dit sans coquetterie, il se sent comme un gamin, pas blasé pour un rond de ses sous ni de son aura. Après tout ce ternps passé à jouer sur les planches, Van Hamme fait encore des châteaux de sable. Avec son copain Francq, il vient de nous dépoter un treizième chapitre des aventures de Largo qui, une fois de plus, vous fera tous jouer à la marchande. Pruneaux et peaux de bananes en prime pour le pauvre milliardaire trahi par les siens. C’est aussi ce qui arrivera fort heureusement à la bande à Thor, venue donner un coup de main aux nazis pour faire échouer le jour J dans D-Day, le jour du désasatre. Brin et Hampton s’amusent comme des fous à y défaire l’histoire, effaçant les pages écrites par leurs aînés sur les dunes d’Omaha Beach dans une déferlante d’images occultes et païennes. À côté de ce panthéon wagnérien, Batman a l’air d’un Pinocchio, surtout celui des années 30 que les éditions Semic nous révèlent dans un superbe album archive. Autre singulier marchand de sable, Pier Paolo Pasolini, dont un jeune auteur italien vient de ranimer les cendres dans un drôle de bouquin pas commun. Il fallait bien cela pour ressusciter le réalisateur de Salo, assassiné à Ostie en 1976. Massacré, plutôt. Lui aussi sur une plage. À vos pelles !

                                              Jean-Marc VIDAL