« Korrigans T.2 : Guerriers des ténèbres » par Emmanuel Civiello et Thomas Mosdi

Editions Delcourt (12,50 Euros)

Emmanuel Civiello est un dessinateur surdoué ! Il s’est imposé en peu d’albums comme «le» dessinateur des légendes celtiques et des mondes inspirés par les écrits de Tolkien, mélangeant habilement les styles d’illustrateurs spécialisés dans l’heroic-fantasy comme Brian Froud ou René Hausman. Même si cela manque encore de clarté dans le découpage et de lisibilité dans la mise en scène (le style de Civiello n’est guère adapté à la BD), l’apport scénaristique de Thomas Mosdi permet une lecture plus aisée et devrait séduire les amateurs du genre : une petite irlandaise recueillie par les korrigans vole au secours de sa mère et de son grand-père enlevés par des êtres maléfiques. L’ennui, c’est qu’au bout de quelques pages, on finit par se désintéresser un peu de cette histoire de facture assez classique, tellement on est subjugué par le remarquable graphisme de Civiello !

 

« Le cirque aléatoire T.1 : Private Jauques » par Christophe Gaultier et Sylvain Ricard

Editions Treize Etrange (12,50 Euros)

Un cirque composé de personnages monstrueux (mais qui sont en fait des agents du gouvernement français enquêtant sur des affaires surnaturelles) se donne en spectacle dans le monde entier : ici, ils sont envoyés dans le petit village de Jauques où les curés disparaissent les uns après les autres. Les romans populaires décalés à la sauce «Mystères de l’Ouest» ou «Ligue des gentlemen extraordinaires» ont le vent en poupe, comme en témoigne cette nouvelle série située au début du XXe siècle et due à deux jeunes auteurs fraîchement débarqués dans la BD mais qui se sont très vite fait remarquer (notamment avec leurs excellents «Banquise» et «Kuklos» aux éditions Soleil). Un trait échevelé et des récits percutants leur avaient permis d’être mis en avant par la critique. Avec le premier volet de cette nouvelle série (qui se lit indépendamment des suites à paraître mais dont le sujet est quand même moins fort que dans leurs précédentes œuvres), ils tentent de séduire un public plus large, alors que les références cinématographiques («Freaks») ou littéraires sont nombreuses et variées.

 

« Le Choucas T.6 : Le Choucas gagne à être connu » par Lax

Editions Dupuis (9,50 Euros)

Cette série policière, remplie d’humour et d’allusions aux poncifs du roman noir, gagne aussi à être connue ! L’auteur, dont le graphisme se libère de plus en plus, envoie son privé quinquagénaire au Québec et en profite pour ponctuer ses dialogues d’expressions autochtones vraiment truculentes. Le Choucas doit retrouver le bénéficiaire de la greffe du rein d’un jeune homme décédé. Le père veut savoir s’il s’agit d’un homme digne de ce don d’organe. Suspense, actions, sarcasmes et aventures politico-sociales sont au rendez-vous !

 

« Daredevil T.6 : Le procès du siècle » par Manuel Gutierrez, Terry Dodson, Alex Maleev et Brian Michael Bendis

Editions Panini/Marvel France (8,99 Euros)

Comme le Daily Globe a révélé au monde entier que l’avocat aveugle Matt Murdock serait, en fait, Daredevil, le super-héros en collants rouges, Murdock dément officiellement et catégoriquement la nouvelle. Alors qu’il se prépare à livrer le combat de sa vie dans un tribunal, il tient auparavant à défendre un collègue, accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. La machine bien huilée, mise en œuvre par Brian Michael Bendis, fonctionne parfaitement et voilà l’occasion, si ce n’est déjà fait, de vous réconcilier avec les héros en costumes moulants !

 

« Norbert l’imaginaire T.3 : La dame de trèfle » par Nicolas Vadot et Olivier Guéret

Editions Le Lombard (9,45 Euros)

Voici la conclusion d’une comédie sentimentale follement déjantée baignant continuellement dans un onirisme de bon aloi. Entre inconscient et raison, nous assistons, médusés, de l’extérieur, aux combats intérieurs des héros qui tentent d’analyser leurs véritables désirs, tout en étant toujours en quête du véritable amour. Les auteurs prennent un malin plaisir à jouer avec les codes classiques de la BD tout en inventant leurs propres références graphiques et narratives. Relisez cette trilogie, à notre avis, elle n’a pas encore livré tous ses secrets !

 

Gilles RATIER