Le talentueux peintre du XIXème siècle Louis Paulus est l’objet d’une machination de la part du marchand d’art Daniel Northbrook et de clients collectionneurs-spéculateurs complices. Ceux-ci le laissent pour mort pour d’obscures raisons mercantiles, mais le peintre, de retour d’exil plusieurs années plus tard, revient sous les traits du comte Skarbek pour se venger.

 

 

 

S’il existe un genre cinématographique très américain, c’est bien le film de procès. En choisissant cette forme de narration pour son récit, Yves Sente se permet de jouer sur divers flash-backs de natures différentes, resituant son histoire dans le contexte historique et peu connu en France de l’indépendance de la Belgique, et jouant sur les effets d’annonces, qui entraînent de nombreux rebondissements.

 

 

 

« Le choix de l’époque allait de soi », dit Yves Sente, « elle répondait aux envies de se plonger dans une ambiance romantique, de réaliser de beaux costumes, … ». Depuis toujours, Rosinski admire les peintres et les dessinateurs du 19ème siècle. Le dessinateur, qui considère le scénario de Sente comme « un véritable cadeau » a véritablement « peint » cette bande dessinée, dans laquelle il restitue admirablement l’atmosphère de l’époque.

 

 

 

On regrette juste (mais peut-être un tirage de luxe viendra-t-il combler ce manque) que cette magnifique démonstration graphique n’ait pas été publiée dans un format plus grand, plus proche des planches originales (1 mètre sur 70 cm tout de même !) qui aurait laissé exploser d’une manière encore plus évidente la prouesse picturale et artistique de Rosinski, qui s’impose décidément comme un des plus grands auteurs de bande dessinée actuels.

 

 

 

Laurent Turpin