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« Ki-Itchi T.2 » par Hideki Arai

Editions Delcourt (7,25 Euros)

Voici encore un manga édité par Delcourt (avec l’efficace concours de la société Akata dirigée par Dominique Véret, le fondateur des éditions Tonkam) et qui se révèle fortement intéressant, même pour ceux qui préfèrent la BD franco-belge ! Ki-Itchi est un petit garçon de trois ans, moche, bagarreur et taciturne. Il a assisté au meurtre de ses parents par un déséquilibré mental et est d’abord pris en charge par l’école, puis par ses grands-parents. Sa famille tente de protéger l’enfant mais les médias s’emparent de l’affaire et n’hésitent pas à le harceler. Il s’enfuit et croise, dans la rue, un couple de vieux SDF… C’est une vision à la fois pleine d’innocence et très critique de la société japonaise : le jeune héros incarne à lui seul l’incapacité du peuple japonais à accepter les injustices ! Avec le «Soupe froide» de Masson chez Casterman, voici un autre témoignage sur les clochards…, et cela ne peut pas nous laisser indifférents.

 

« La dernière chevauchée T.1 : Black Gold » par Jean-Claude Cassini, Philippe Chanoinat et Hubert Chardot

Editions Soleil (12,50 Euros)

Encore un western à l’univers impitoyable ! Sept bandits, sans foi ni loi, éliminent un impudent qui avait refusé de vendre sa terre à l’homme fort de la ville. C’est alors qu’ils tombent tous dans un traquenard qui se termine en bain de sang. Si les survivants de cette sinistre bande disparaissent de la circulation après un dernier massacre dans le Dakota du Nord, on les retrouve, 20 ans plus tard, employés comme chasseurs de primes. Certes, c’est violent, sombre, pas très moral…, mais la narration finit par être efficace (même si le début reste encore un peu confus) et le dessin caricatural de Cassini («Bouffe-Doublon», chez le même éditeur) porte parfaitement ce récit qui risque de remporter ce qui reste de notre enthousiasme juvénile.

 

« Les classiques de Wolinski : coffret de 3 volumes » par Georges Wolinski

Editions Albin Michel

Auteur prolifique, Georges Wolinski a multiplié les collaborations (Hara-Kiri, L’Enragé, Charlie-Hebdo, L’Humanité, Libération, Le Nouvel Observateur, L’Echo des Savanes, Paris-Match, Le Journal du dimanche…) tout en assurant la rédaction du premier Charlie-Mensuel, de 1970 à 1981. Albin Michel réédite enfin les nombreux albums parus dans les années 1970, témoignages d’une époque assez revancharde. Avec «Georges le tueur», «Hit-Parade» et «Cactus Joe», on redécouvre une facette oubliée de Wolinski où l’humour politique et social du dessinateur branché «cul» faisait mouche. C’était novateur et dérangeant lors de la première publication et ça l’est encore un peu aujourd’hui. Il est dommage que Wolinski n’ai fait que se répéter depuis, accentuant seulement son côté vulgaire !

 

« Les Moineaux T.8 : Le robot qui en fait trop» par Louis Alloing et Rodolphe

Editions Bayard (8, 90 Euros)

Même si ses principales séries s’adressent à un public ado-adulte, Rodolphe est aussi un scénariste qui travaille pour les enfants : il a écrit des scénarios pour “Tom Tom et Nana”, pour “Mickey” et surtout pour “Les Moineaux”, une série qu’il a créé, en 1994, pour le journal Astrapi, avec le dessinateur Louis Alloing. Interrogé sur cette série créée parce qu’il voulait, depuis longtemps, écrire quelque chose de spécifique pour les enfants, Rodolphe me déclarait au début de l’année : “Cela fonctionne bien : le huitième album va paraître chez Bayard et le neuvième est en cours de pré-publication. Les enfants adorent et nous aussi…, on aime bien !” Ca tombe bien…, nous aussi! Pré-publiée sous forme de chapitres de 6 pages qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres, cette BD est devenue un des piliers d’ Astrapi, excellente revue qui s’adresse aux enfants âgés de 7 à 11 ans. Même si on est plus vieux, grâce au graphisme ligne claire d’Alloing et aux histoires amusantes de Rodolphe, on prendra un grand plaisir à la lecture de ses aventures où l’on découvre les inventions incroyables d’un grand-père farfelu pour ses petits-enfants !

 

« A l’ombre de la croix T.1 : Elisea» par Ilaria Trondoli

Editions Paquet (12 Euros)

Pierre Paquet a le talent de dénicher de nombreux illustrateurs (souvent italiens) véritablement très doués ! C’est le cas avec la jeune Ilaria Trondoli, né à Udine (Italie) en 1978, tout juste sortie de l’école professionnelle de dessinateurs de bandes dessinées de Milan. Son dessin élégant, fort bien mis en couleurs à l’aquarelle, doit bien sûr encore mûrir un peu mais, il est l’atout majeur de ce très bel album qui nous raconte une histoire (un peu confuse toutefois) se déroulant en l’an 1291, entre Paris et la Palestine. On nous y parle de sorcellerie, de religions, de guerres familiales et de cavalcades dans une ambiance ouatée de pénombre et de surnaturel. Manifestement, on sent qu’Ilaria va devenir un grand auteur et il serait dommage que vous ratiez sa première œuvre, laquelle est bien plus qu’un péché de jeunesse !

Gilles Ratier