Nous sommes en Hollande, au XVIème siècle. Corneel, jeune étudiant en médecine se laisse séduire par les chimères d’une recherche libre et alchimique, financée par un  riche négociant en soie à la recherche de l’immortalité. Sa fiancée, Magriete, le regarde partir avant de rejoindre sous la contrainte, et sans le savoir, la même maison labyrinthique que Corneel. Le maître de Verzegeldhuis (c’est le nom de ces lieux) voit en effet en la jeune fille l’image parfaite d’un ancien amour qu’il cherche à reconquérir à travers elle. Dans la demeure, chaque pièce est source de rêverie et de visions.

 

 

 

Nancy Peña signe ici un premier album qu’elle réalise dans un graphisme tout en finesse, à la plume de mangaka. Elle réalise le tour de force d’offrir à ses lecteurs un récit d’atmosphère détaillé, riche en scènes de situations et chargé en références littéraires (Yourcenar et son « œuvre au noir »), artistiques (La gravure, Rembrandt) et historiques (la renaissance et son flot de croyance mystique, comme l’alchimie), tout en restant d’une lisibilité exemplaire. Les quelques défauts de jeunesse perceptibles dans la construction et le trait de cette jeune fille ne devraient pas vous empêcher de vous pencher sur ce conte onirique et dramatique, qui marque la naissance d’un nouveau talent du neuvième art. LT

 

 

 

Editions La boîte à bulles – Collection contre-jour – 13,50€