Visualisez l’ensemble des couvertures des ouvrages traités en cliquant sur le pictogramme représentant un appareil photo.

 

« Black Hole T.5 : Grandes vacances » par Charles Burns

Editions Delcourt (6,95 Euros)

Dans un trou perdu des USA, en pleine cambrousse, une étrange maladie est apparue, n’affectant que les adolescents. Certains s’en tirent à bon compte : quelques bosses ou une vilaine éruption cutanée. Mais sous la peau lisse de quelques jeunes gens bien comme il faut, ce sont des monstruosités qui sommeillent et attendent leur heure. Dans ce cinquième épisode, une ado ayant fuit la civilisation tente de survivre dans la forêt, passant la plus grande partie de son temps dans une tente ou avec ses «semblables» autour d’un feu. Pourtant, elle finit par rencontrer un garçon séduisant qui ravitaille les malades… Le dessinateur américain Charles Burns essaie, dans ses BD, de créer un nouveau style de fantastique ; il fait évoluer ces histoires dans une Amérique de cauchemar que ne renierait pas un William Burroughs, par exemple. Depuis 1998, les éditions Delcourt nous proposent la version française de «Black Hole» qui est l’œuvre la plus aboutie de ce génie graphiste trop peu connu dans notre pays. Pourtant, Charles Burns, c’est l’horreur dans toute sa splendeur !

 

« Gen d’Hiroshima T.2 » par Keiji Nakazawa

Editions Vertige Graphic (15 Euros)

Un des premiers mangas traduit en France fût «Gen d’Hiroshima» de Keiji Nakazawa : un vibrant témoignage sur le Japon et l’horreur atomique ! Malheureusement, les deux éditeurs qui tentèrent de faire connaître cette œuvre intemporelle et universelle ne publièrent que le premier volume. Les éditions Vertige Graphic l’ont réédité de nouveau (mais dans une version respectant le travail d’origine) mais elles nous promettent, cette fois-ci, l’intégrale en 10 tomes. Il semblerait que nous y aurons enfin droit puisque le deuxième opus (se déroulant sur les six jours qui ont suivi l’explosion de la bombe sur Hiroshima) vient de sortir ! Keiji Nakazawa s’inspire de son terrible vécu en le travestissant de façon dantesque et en multipliant les scènes cauchemardesques. Les actes de violence y sont dépeints avec la plus grande crudité mais sont illustrés par un graphisme assez caricatural. L’héroïsme naïf du jeune héros frise lui aussi le ridicule par moments mais, pourtant, cette expressivité sans nuances ne nuit pas à la pertinence de la narration : ce sont d’ailleurs des défauts et des qualités inhérents au genre ! On referme donc cet épais ouvrage de 250 pages complètement bouleversé, en espérant que l’éditeur va très vite nous donner la suite de cet étonnant manga !

 

« Nova Genesis T.1 : Denver » par Eric Chabbert et Pierre Boisserie

Editions Glénat (10,99 Euros)

Passionné de fantastique et de science-fiction, le dessinateur Eric Chabbert a laissé, entre les mains expertes de Michel Janvier, la BD qui l’a fait connaître («Docteur Monge» sur un scénario de Daniel Bardet) afin d’assouvir ses envies de toujours : dessiner une vraie série d’anticipation. «Nova Genesis» est l’histoire d’un jeune américain moyen élevé par son oncle et sa tante (comme le Peter Parker de «Spider-Man»!) dans une banlieue extrêmement paisible de Denver, dans le Colorado. Son passé et ses origines vont remonter à la surface après sa première expérience sexuelle et il va se découvrir des pouvoirs surhumains qui vont l’entraîner vers une autre planète ! Les thèmes exploités par le scénariste Pierre Boisserie ne sont guère originaux (en effet, la connaissance de soi et la place que l’on occupe dans la société sont des questionnements éternels et incontournables) mais ils sont mis en exergue de manière captivante. On se croirait presque dans un vrai comic-book américain tant le traitement narratif se rapproche du genre : même le graphisme de Chabbert en est fortement imprégné ! Notons que «Nova Genesis» a obtenu le soutien de Jean-Charles Kraehn (dans le cadre des coups de cœur «Alfred», dont nous avons déjà parlé), un auteur exigeant qui ne s’engage pas à la légère et qui a pourtant été séduit par l’efficacité de cette nouvelle saga comique !

 

 

« Spoon & WhiteT.5 : Funky Junky » par Simon Léturgie, Franck Isard, Jean Léturgie et Yann

Editions Vents d’Ouest (8,99 Euros)

Aujourd’hui, dans le Bronx New Yorkais, les flics sont dangereux, débiles et teigneux ! C’est du moins le cas des deux équipiers Spoon et White, toujours aussi accros de la célèbre journaliste TV Courtney Balconi et des films de Clint Eastwood. Truffé de références, clins d’œil, pastiches et autres parodies de bon nombre de séries cultes ou oubliées, cette cinquième péripétie inavouable de ces caricatures de policiers confirme l’excellente impression que l’on avait des précédents volumes (publiés alors chez Du puis) : c’est du sang pour sang délirant ! Le père et le fils Léturgie se sont associés au très cultivé mais néanmoins très sarcastique Yann pour le scénario et à l’efficace Franck Isard pour les décors et l’encrage et, tous ensemble, ils exploitent au mieux tous les filons du comique de situation : avec eux, tout est prétexte à mourir… de rire !

 

 « Les toubibs T.1 : C’est grave, docteur ? » par Alain Sirvent et Bélom

Editions Bamboo (8,99 Euros)

Après les gendarmes, les pompiers, les fonctionnaires, les routiers ou les profs, c’est au tour des toubibs d’être la cible de la bande à Bamboo. Ce respectable corps de métier est mis à mal de façon humoristique et sympathique dans des pages destinés à faire fonctionner vos zygomatiques et vous faire passer un bon moment en salle d’attente, ou ailleurs ! Le style gros nez d’Alain Sirvent (vu sur «Kostar le magnifique» avec Corteggiani, chez Soleil) convient parfaitement à cette épidémie de gags touchant malades certifiés ou imaginaires et médecins se risquant à des diagnostics souvent surprenants ou à des remèdes dignes d’un docteur Knock. Le scénariste (également connu pour ses dessins de presse) est un habitué de l’humour bon enfant prescrit sur ordonnance (il égrène, chaque semaine, des pages hilarantes dans Le Journal de Mickey) et a le bon goût de ne jamais dépasser la dose prescrite !

 

Gilles RATIER