En août 1944, Marianne, sa fiancée, meurt dans les bras d’Augustin Morel . De cette tragédie, et de son expérience dans le maquis, Augustin Morel écrit « Marianne », qui devient, au fil du temps un classique de la littérature. Le seul bon livre d’Augustin qui, depuis, se complait dans l’alcool et la médicorité. Quand Catherine Voralberg décide d’adapter le roman à l’écran, elle choisit de tourner dans le décor original de Marianne, le village de Sainte Geneviève. Elle y fait venir l’écrivain dont la présence secoue la mémoire des habitants du village jusqu’à réveiller des souvenirs qu’ils auraient voulu voir s’évanouir à jamais.

 

 

 

Jouant à fond sur la nostalgie romantique de son héros, sokal introduit sans peine une dimension poétique à son histoire, sans pour autant renier ce qui fait la force de sa série phare, Canardo, à savoir une ironique (très proche du cynisme ) mise en avant de la bêtise humaine. Personne n’échappe à la critique acerbe de l’auteur, entre traîtres, collaborationnistes et, pire encore, passifs et lâches. Personne, sauf Marianne peut-être. Mais elle disparaît vite ! La réédition de cet album, proposé en couleurs pour la première fois, permettra de redonner un coup de projecteur sur cette histoire tragiquement réaliste, qui aurait également pu, sans froisser quiconque, figurer en bonne place dans la nouvelle collection « Classiques » de Casterman. LT

 

 

 

Casterman, 14,50€