Pourquoi des histoires en plusieurs albums ?

 

Snow White, 30 secondes marque la fin du diptyque débuté avec L’émissaire. Il est en effet difficile de réaliser des albums uniques avec des histoires d’espionnage. Celles ci nécessitent au moins un album de mise en place.

 

 

 

Alors, Alpha, série géopolitique ?

 

Je n’ai pas de volonté politique ou géopolitique avec Alpha. Comme il faut 3 ou 4 ans, à partir de l’idée de base, avant que le second album d’un diptyque paraisse en librairie, nous courrons toujours le risque que les événements internationaux aient modifié entre temps la donne. J’utilise juste les données de la politique internationale pour élaborer un récit d’action. La crise irlandaise correspond bien à cette approche. Elle est présente dans tous les esprits mais c’est un problème de fond, qui dure dans le temps et que nous pouvons traiter avec du recul. Ce qui ne nous empêche pas de nous servir d’une importante base documentaire pour rapprocher nos récits au plus près de l’actualité.

 

 

 

Le dessinateur ?

 

Jigounov fait  évoluer ses personnages vers un aspect hyper réaliste qui colle de plus en plus à la documentation. C’est un des rares dessinateurs réalistes de sa génération ayant atteint ce degré de perfection.

 

 

 

La suite ?

 

Dans la réalité, la CIA dispose de très peu d’agents de terrain et ceux ci sont souvent ridicules. Pour la plupart, ce sont des bureaucrates. Je me suis maintenant tout à fait approprié le personnage d’Alpha (ndlr : repris par Mythic au troisème album, suite au décès de Pascal Renard, créateur du personnage). Je vais pouvoir l’extraire du système bureaucrate dans lequel il est coincé. Par ailleurs je fais très  toujours très attention aux sentiments du héros. Il faut toujours que mes récits se finissent bien. Dans la prochaine histoire, la CIA essaye de redorer son blason. Elle devrait débuter à Cuba.

 

 

 
Propos recueillis par Laurent Turpin le 25 septembre 2003.