Rubrique élaborée par Gilles Ratier

 

 

 

« Lupus T.1 » par Frederick Peeters

 

Editions Atrabile

 

Deux amis d’enfance veulent passer des vacances sur la planète Norad pour pouvoir assouvir leur appétit de pêche et de substances hallucinogènes. Après s’être ravitaillés en produits planants, ils flashent sur une jeune fille triste rencontrée dans un bar et lui proposent de l’emmener avec eux, à bord de leur vieux vaisseau spatial. Voilà une histoire de science-fiction (prévue en trois tomes) peu ordinaire ! Les relations humaines sont au cœur du récit et le dessin tout en noir et blanc de ce jeune auteur Suisse fait mouche, sans esbroufe !

 

 

 

 « Lumière froide T.2 : Le feu de l’ancêtre » par Eugenio Sicomoro et Makyo

 

Editions Glénat (12 Euros)

 

Eva est une jeune actrice au pouvoir de séduction proche du surnaturel. Cela lui vient du venin d’un lézard sacré fort dangereux : elle a un regard qui tue (bribe de chanson bien connue) ! En quelques années, elle est devenue célèbre mais un vieux biologiste, ami de son père, est lui aussi tenté par la mutation que provoque la morsure de ce reptile vieux de 340 millions d’années ; au fil des ans, son corps va se transformer et il va menacer la belle et son ami Lou… Ce thriller philosophique qui prône la maîtrise de soi pourra en dérouter certains, même si les personnalités des personnages sont bien campés et si le graphisme réaliste du dessinateur italien Eugenio Sicomoro (connu pour avoir illustré les aventures de «Rouletabille» et d’autres scénarios de Claude Moliterni) ne peut susciter que l’admiration. Espérons qu’avec le troisième et dernier volume l’intrigue se clarifiera et reviendra à des préoccupations plus terre à terre !

 

 

 

« Souvenirs de Toussaint T.6 : L’oiseau bleu » par Joëlle Savey et Didier Convard

 

Editions Glénat (12 Euros)

 

Joëlle Savey est une excellente dessinatrice issue des périodiques édités par Bayard (Record, Bernadette, Nade…) ou Fleurus (J2 Magazine, Djin, Fripounet, Triolo…), pendant les années 1970-80 ; elle fût aussi l’élève du regretté Georges Pichard. Depuis 1999, elle a pris la suite de François Dermaut sur «Les souvenirs de Toussaint», pérégrinations d’un photographe ambulant confronté à la violence et à l’ignorance de la France rurale du 19ème siècle : elle y fait un travail remarquable, trop ignoré des spécialistes et, hélas, du grand public. Pourtant, ce travail est pour elle (et pour les lecteurs !) une grande chance car elle n’avait pas encore eu l’occasion d’illustrer des histoires qui collent si bien à son style graphique : du coup, les dialogues habituellement un peu trop bavards de Didier Convard sont particulièrement bien mis en valeur et le lecteur pourra enfin apprécier à sa juste valeur l’étendue de la technique et de l’imagination de ce scénariste (qui fût aussi, en son temps un très bon dessinateur) devenu, depuis, directeur éditorial chez Glénat.

 

 

 

« Balade balade » par Kokor

 

Editions Vents d’Ouest

 

La Terre est à vendre mais, malgré l’annonce diffusée aux quatre coins de l’univers, les clients ne se bousculent guère ! Alors, lorsqu’un éventuel acheteur se montre intéressé, il est accueilli comme le messie. Un agent immobilier, garde du corps et grand reporter, lui fait faire le tour du propriétaire, avant la signature de l’acte. Comme le visiteur n’est pas pressé, le périple se fait à cheval : une sacrée balade ! Doté d’un graphisme dynamique et original, ce récit décalé, tendre et drôle à la fois, se révèle aussi touffu que complexe !

 

 

 

« Rampokan Java T.1 » par Peter Van Dongen

 

Editions Vertige Graphic

 

Couronné, à juste titre, par plusieurs prix aux Pays-Bas, ce palpitant récit situé dans la moiteur de la jungle Indonésienne de l’après-guerre mêle avec habileté aventure et réflexion sur la décolonisation. Un jeune homme, né en Indonésie de parents néerlandais, qui a suivi ses études aux Pays-Bas, retourne dans son pays natal, comme militaire dans le corps expéditionnaire hollandais. L’auteur s?appuie sur ses propres récits de famille et utilise un style graphique s’apparentant à  une «ligne claire» hergéenne, efficace et très lisible, de fort bon aloi !

 

 

 

Gilles Ratier