A 48 ans, Hiroshi vit une vie banale. Sa famille le préoccupe relativement peu.  Mais un matin, alors qu’il se trompe de train, il prend la direction de sa ville natale. Arrivé à destination, il se retrouve transporté dans la peau de l’adolescent qu’il était à 14 ans, année où son père disparut brutalement. Détail surprenant, il vit cette expérience tout en conservant son esprit d’homme mur. 

 

Dans ce second volume, tout en poursuivant la redécouverte de son univers d’enfant, Hiroshi s’inquiète de voir la date programmée du départ définitif de son père arriver. Pourra-t-il changer le cours du temps ou sera-t-il condamné à le revivre, impuissant ? De cette expérience, Hiroshi tirera une grande et subtile leçon de vie.

 

Jirô Tanigushi, considéré par beaucoup comme le plus européen des auteurs japonais, réalise ici un roman graphique de très haute tenue, d’une lisibilité exemplaire, tant passionnant qu’interrogatif. L’auteur développe son récit avec une parfaite maîtrise du début à la fin (rappelons que le premier volume, publié en 2002, reçut l’Alph’art du meilleur scénario au cours du dernier festival d’Angoulême) et joue sur une construction lente et détaillée pour promener (au propre comme au figuré) son lecteur. Il se  permet même une ultime pirouette assez inattendue à la fin de son récit. Sans doute pour confirmer qu’il faut lutter contre les faux semblants et autres idées reçues. LT

 

 

 
Casterman – 12,50€ le tome – coffret tomes 1&2 : 25€ –