Imaginez : un ami vous offre, pour votre anniversaire, une statuette africaine dont vous ne savez que faire et qui finit par se perdre au cours d’un déménagement ultérieur. « Rien de plus banal », me direz-vous. Sauf qu’à partir de ce moment là, Girardon la revoit partout autour de lui, jusque sur son bureau, sur son lieu de travail où, de surcroît, il éprouve de nombreuse difficultés avec son nouveau supérieur hiérarchique.  Rien ne va plus. Ses relations professionnelles et sentimentales se dégradent jour après jour. Girardon est entraîné dans la spirale infernale de la dépression …

Or, et sans dévoiler une intrigue à tiroir dont la construction relève d’un profond machiavélisme, il y a toujours une cause à nos malaises. Autrement dit, « il n’y a pas de fumée sans feu ». A travers une mauvaise farce, une manipulation humaine sur fond de vengeance, qui tourne mal, Barranger explore le fond des relations humaines et le pouvoir que peuvent exercer, au quotidien, certains êtres sur les autres, au niveau professionnel, social ou personnel

Les couleurs de Denis Bernatets, très style « ligne claire », contribuent à la lisibilité et à la fluidité d’un récit pourtant très réaliste, et même sombre, que Barranger appuie par un graphisme nerveux quoique continu. Passionnant du début à la fin, le cas Girardon est une réflexion plus qu’utile sur les relations aux autres, la tolérance, le respect des différences et la liberté de chacun. LT

Editions Le Cycliste – 12,50€