Véritable choc, la parution en novembre 2000 de Quelque part entre les ombres avait suscité un incroyable engouement du public au point de rendre culte une série qui connaissait seulement son premier opus. Diaz Canales (le scénariste) et Guarnido (le dessinateur), prenant le parti de revisiter l’univers du polar animalier, dans sa version la plus sombre, avait alors réalisé avec ce coup d’essai un exceptionnel coup de maître.

Un peu plus de deux ans et un making-of (paru chez Imbroglio) plus tard, voici enfin le second volume de cette série mettant en scène Blacksad, un imposant chat détective privé dans l’Amérique des années 50, période clé des grands romans noirs.

Aucune déception à la lecture de cette histoire conduisant Blacksad à la recherche d’une jeune fille noire disparue dans un quartier populaire en pleine décrépitude, laissé à l’abandon depuis la fermeture des usines qui en assurait la prospérité et où le racisme est devenu monnaie courante.  Une bande d’animaux blancs formant la société WASP (White Anglo-Saxon Protestant), adhérents de d’Artic-nation, un groupuscule nazi, se charge d’y faire régner l’ordre au quotidien.  A sa tête, Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc. Karup, le chef de la police , un ours blanc . Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Rebondissements et coups tordus se succèdent ainsi dans ce récit policier d’ambiance à l’arrière fond historique, remarquablement servi par un dessin expressif, au réalisme fouillé et fourmillant de détails.

Plus de doute, Blacksad fait désormais partie des séries incontournables du neuvième art. LT

Dargaud – 12,60€