C’est un quartier paumé de Bordeaux, situé sous le pont d’Aquitaine, une véritable cour des miracles contemporaine, un repaire de défavorisés en tout genre dont le nombre de cas sociaux au m2 frôle le record mondial.

 

Après la terrible tragédie humaine vécue par ses habitants dans Le Singe et la sirène, ce quartier retrouve sa vie quotidienne mais pas sa joie de vivre. Aujourd’hui, avec la dépression de Museline, c’est tout le quartier qui se désespère. Il faut dire que la prostituée, notoirement célèbre pour ses prouesses professionnelles, a tout simplement décidé d’abandonner son métier. Tout bascule à nouveau quand une jeune femme perd le contrôle de sa Ferrari et percute un pilier du pont d’Aquitaine. A l’intérieur du véhicule : un bébé !

 

Ce nouvel album est clairement à l’image de l’état d’esprit de Museline. Autant Le Singe et la Sirène nous semblait proche du Drame « musette », autant Le Singe et la dame blanche nous semble désespéré et sombre. En vieillissant (mûrissant ?), on a l’impression que Nicolas Dumontheuil (assisté ici d’Eliane Angéli au scénario) perd la tendresse qu’il avait pour les personnages marginaux, ces sorte d’artistes bohèmes des temps modernes et dont il ne voit finalement plus aujourd’hui que la tristesse de la situation et les difficultés quotidiennes. Attention, ne sortez pas pour autant vos mouchoirs, vous ne passerez pas votre lecture à vous lamenter car l’ensemble regorge d’humour. Seul l’amour a disparu ! LT

 

Le singe et la dame blanche – éditions Casterman – Collection Un monde – 13,50€