Frères de sang – Chinaman 6

Dans ce nouvel épisode, Chinaman, confronté à des affairistes liés à la pègre, renoue avec son passé chinois et son meilleur ami. Ainsi se poursuivent les tribulations de ce chinois au Far West. Entre l’implantation des triades et les réactions xénophobes des pionniers, se dévoilent les enjeux financiers et électoraux du chemin de fer dans l’ouest américain. Aucun doute, la bande dessinée est devenue un art majeur, qui sait divertir sans faire l’économie de la véracité. Pour ceux qui douteraient du sérieux de la documentation, les Editions Dupuis ont eu la bonne idée de constituer un coffret avec un carnet de 32 pages résumant les faits marquants de l’installation mouvementée des Chinois en Californie. Un épisode méconnu et refoulé de l’histoire américaine.D.J.Frères de sang, TaDuc & Le Tendre, Dupuis, 8,99E

Valse maudite – Niklos Koda 3

Niklos Koda nous entraîne cette fois à Prague, dans de superbes paysages enneigés, pour un épisode alletant et tragique. Pris entre la rousse Valentina et la blonde Sonia, deux somptueuses créatures qui s’affrontent pour ses beaux yeux mais aussi pour un code secret, il cherche à coincer un trafiquant d’armes qui menace de destabiliser les Balkans. Toujours exceptionnellement léché, tant au niveau des dessins, qui confirment les talents de portraitiste hors paix de Grenson, que du scénario, palpitant et dense mais toujours crédible, la série n’en finit pas de charmer par son dynamisme et sa finesse. Nouveau James Bond, Koda reste avant tout un homme, pris dans les contradictions de la vraie vie, séducteur réservé, professionnel faillible, père d’une petite fille qui vit loin de son Papa. Un héros bien contemporain en somme.D.J. Valse Maudite, Dufaux & Grenson, Le Lombard, 9,45E.

Kaput et Zösky

Bêtes, affreux et méchants, à tout prendre on hésite pour qualifier ce qui l’emporte chez ces deux extraterrestres en quête perpétuelle de planètes à détruire. Conquérants d’univers, massacreurs d’innocents, mercenaires féroces, ils sont plus souvent qu’à leur tour les victimes ou les dupes. Voici deux héros directement issus des comics américains qui trouvent parfaitement leurs marques dans l’univers de Trondheim dont l’humour décapant et le trait dépouillé font merveille. Avec un dessin d’une efficacité et d’une sophistication inversement proportionnelles au style faussement enfantin, l’auteur réussit à donner un second souffle à ces personnages capables d’intéresser petits et grands par une lecture à plusieurs niveaux.DJ Kaput et Zösky, de Trondheim, Delcourt, 8,40 E.

La trace pâle – Agence hardy 2

On retrouve dans cet épisode presque tous les protagonistes du premier tome : la belle et audacieuse Edith, patronne d’une agence de détectives, le jeune et ambitieux Victor Maziero, son adjoint, Antoine Dubreuil, le chimiste disparu, et Jones, l’agent américain qui travaille pour la CIA. Il ne faut pas oublier le cadre omniprésent du XII arrondissement de Paris brossé avec une précision toute empreinte de nostalgie. C’est l’époque de la guerre froide en Europe et les services secrets se disputent les savants et leurs découvertes. Edith, toujours lancée sur les traces de Dubreil, est amenée à collaborer avec la CIA, alors même que les camarades du parti et une mystérieuse « baronne rouge » s’intéressent à elle de très près. Une histoire d’un réalisme subtil, brossée à échelle humaine, d’un temps où les personnalités d’exception n’étaient pas encore des superhéros.D.J La trace pâle,Christin & Goetzinger, Dargaud, 9,45E.

les enquêtes de Théo Toutou

Voici dans la collection jeunesse chez Bayard un nouvel héros qui vient épauler Marion Duval ou l’inspecteur Bayard. Théo est écrivain et, à ses lecteurs qui lui demandent d’où lui vient l’inspiration, il répond invariablement qu’il sait observer et qu’il accompagne sur le terrain son ami l’inspecteur Duraton. En fait, il devrait préciser qu’il est le véritable cerveau et l’homme d’action qui, avec l’aide de la belle Natacha, permet au policier d’arrêter les malfaiteurs les plus insaisissables. Le dessin, par delà son côté simple et épuré, se révèle élégant et efficace, le ton est frais et plaisant, enfin, les histoires, empreintes de poésies, laissent toujours triompher les bons sentiments. D’ailleurs, les mécréants ne sont pas de vrais méchants et les larcins relèvent plus de l’extravagance que de la malveillance. De quoi réjouir les 6-10 ans.D.J. Théo Toutou, La nuit du bombeur fou, Yvan Pommaux, Bayard, 8,90 E.