En pleine campagne, un soir d’hiver, on retrouve le cadavre d’un habitant atrocement mutilé. La meute de loups, récemment réintroduite dans les forêts avoisinantes, fait figure de coupable idéal pour les habitants du village. C’est d’ailleurs bien l’avis de l’inspecteur de police dépéché sur place pour résoudre l’affaire et qui entend bien la classer aussitôt.

Las, la neige bloque tout mouvement et notre inspecteur, bloqué dans le village, se voit contraint de poursuivre son enquête puisque d’autres morts surviennent.

Chabouté utilise l’espace et restitue les atmosphères avec justesse. Progressivement, son récit et l’angoisse se densifient car La Bête est forcément là, près de ce policier désabusé, qui n’aspire désormais qu’au calme et qui se retrouve dans ce huis-clos étouffant, à l’intérieur d’un village évidemment hanté par un terrible secret.

Tout parle chez Chabouté : ses silences, ses regards. L’auteur s’attarde sur les gens, avec tendresse quelquefois, sans complaisance souvent, poursuivant sans relâche son dur labeur de dénonciation de la bétise humaine, comme il l’avait si bien fait dans Pleine Lune, son précédent album.

Au delà du polar rural, La Bête explore la nature humaine, ses lachetés, sa dérision. Une oeuvre forte.

Editions Vents d’Ouest – Collection Intégra – 17,99€