Le 11 septembre 2001, Sandrine Revel est à New York.

 Un jour plus tôt, elle visitait le World Trade Center. Elle y croisait des inconnus. Ceux qui, comme elle, partaient à la découverte de ce symbole en béton du capitalisme américain mais aussi ceux le métier étaient de se mettre au service des premiers : une femme en charge de l’ascenseur, un garçon de café « maladroit », un vigile « au rire gras », etc.

 C’est à ces anonymes – qui, pour elle, n’en sont plus – que Sandrine Revel pense en premier quand elle apprend que les Twin towers sont tombées. A son frère aussi, disparu récemment et qui occupe les pensées de cette jeune femme, dont le travail de deuil n’est pas terminé. Un frère qu’elle croise régulièrement dans ses rêves. Comme au cours de cette fameuse nuit du 10 au 11 septembre. Un signe ? Peut-être … ou pas .

 Sandrine Revel n’en dira pas plus. Elle n’en propose aucune analyse. Cette anecdote, comme l’ensemble de ce journal de bord d’une jeune française perdue au milieu de cette ville tentaculaire et qui vient de connaître un drame de dimension mondiale, est proposée au lecteur brute de décoffrage.

 Sandrine Revel n’invente pas, ne se positionne pas au delà de sa propre expérience. Elle raconte ce qu’elle a vu, ce qu’elle a vécu. En cela, elle livre un témoignage décalé et une vision très personnelle des attentats du 11 septembre dernier.

 Certains ne se satisferont sûrement pas de cette approche, qu’ils jugeront insuffisante ou trop intime. Ceux là pourront se tourner vers les multiples documentaires audiovisuels et livres existant sur le sujet.

 Mais ils passeront à côté d’un témoignage unique, sans doute peu représentatif mais sûrement très significatif. Sandrine Revel apporte un œil nouveau et très complémentaire de ce qu’on a pu voir (et revoir) par ailleurs.

Finalement indispensable !

(Laurent Turpin)

Le 11e jour, de Sandrine Revel, éditions Delcourt – 12,5€.