Ah ! Qu’il est bien choisi le titre de ce nouvel album,  La loi du Préau , tant Titeuf, avec ses 1,4 millions d’exemplaires à la nouveauté, peut se targuer de faire la pluie et le beau temps auprès de quelques jeune caïds des cours de récré.

 

Visiblement très conscient de cette nouvelle responsabilité et fort d’une crédibilité croissante auprès de l’ensemble des écoliers (et de leurs parents), l’auteur suisse ne se borne pas à faire rire ses lecteurs, même si quelques gags « odorants » (dont un sur les aisselles des adultes dans les bus quand on est un petit garçon !) ou visuellement « grâves » (les attractions acrobatiques de la fête foraine sont évidemment  suivies de quelques séances de vomis !) peuplent ce nouvel album.

 

Utilisant habilement ce signe de fabrique de Titeuf qui fait hurler de bonheur tous les jeunes et anciens potaches (et d’horreur les autres ! ),  Zep distille par ci par là, l’air de rien, quelques planches où il joue sur l’émotion et le relais de valeurs humaines fondamentales, comme la tolérance et la solidarité. Nous savons à quel point le papa de Titeuf y est sensible, ayant engagé son jeune héros dans des campagnes de communications à vocation humanitaire ( pour Handicap Interantional notamment). On trouve par exemple dans cet album une magnifique planche mettant en scène une jeune fille atteinte de leucémie, ainsi que celle qu’avait élaborée Zep pour l’album collectif réalisé au profit des restaurants du cœur (Glénat – Chambéry BD).  L’auteur n’hésite pas non plus à évoquer la violence à l ?école.

 

A part ça, Zep, comme à son habitude, regorge de créativité et d’inventivité, saisit toujours l’air du temps et le comportement des gamins d’aujourd’hui et excelle dans le comique de situation, le vocabulaire et l’expressivité de ses personnages. Titeuf est bien entendu toujours amoureux de Nadia, que Zep s ?amuse à rendre plus sexy, comme toutes les jeunes Lolita contemporaines, déjà accro à la mode.

 

Finalement, pour oser un mauvais jeu de mot, après avoir commencé cette critique en parlant d’ exemplaires en quantité, il convient de parler d’exemplaire en qualité pour qualifier ce nouvel album de Titeuf. L.T.

 

Éditions Glénat – 8,6€