Surprenant, le début du récit ressemble à  une sorte de road movie. Au Début du 19ème siècle, deux hommes, visiblement perdus, errent durant trois planches à travers des territoires déserts irlandais avant de se retrouver aux portes d’un étrange temple. Mystère !

Soudain, la page à peine tournée, le lecteur est à Montmartre, en 1923. Emilie y est danseuse au moulin rouge. Dans son esprit, danseuse – même seins nus – ne veut pas dire strip-teaseuse (ou pire !) et pour avoir refusé de se dévoiler devant un bourgeois voyeur, ami du directeur du music hall parisien, voilà Emilie sans travail. Elle est alors contactée par un notaire qui lui apprend qu’elle hérite d’un vieux manoir irlandais venu d’un lointain parent, mort plus de 100 ans auparavant . Libre et insouciante, Emilie se met en route vers ses nouvelles terres.

De Paris à l’Irlande, transporté par une série de flashes back fantastiques, d’intrigantes rencontres et d’inquiétants personnages, le lecteur se lie progressivement mais définitivement à cette héroïne attachante et fragile, à la naïveté naturelle et désarmante, dont on soupçonne au fil du récit le fabuleux destin. Florence Magnin signe ici un premier album en solo d’une qualité rare, féerique et beau. La dessinatrice, qui avait déjà eu l’occasion de montrer ses talents d’illustratrice, dévoile ici ses compétences scénaristiques à l’occasion du premier tome très travaillé de cette nouvelle série, tant graphiquement que dans la construction narrative. A découvrir d’urgence !

Editions Dargaud – 12,6€ (sortie en janvier 2002)