Kénya, 1947. Les membres d’un safari africain disparaissent mystérieusement après avoir croisé sur leur parcours un animal inconnu plus grand qu’une girafe. Au même moment, d’autres témoignages font état de troublants événements. Sous couvert d’une fonction professorale, Miss Austin, un joli brin de fille travaillant pour les services secrets britannique, se rend alors sur place pour étudier le phénomène. A peine arrivée, deux de ses collègues, un français et un allemand, rivalisent d’audace pour s’attirer les charmes de la belle. Mais, au jeu du qui est qui, Miss Austin se rend rapidement compte que les deux hommes s’intéressent également, pour le compte d’autres puissances, aux étranges apparitions.

Ainsi, les deux auteurs ont mis en sommeil (provisoirement ?) « Trent », leur précédente série pour élaborer « Kénya », sans doute plus proche de leurs sensibilités respectives. Et si Rodolphe apporte son savoir faire narratif dans le développement de cette très mystérieuse aventure, Léo (auteur par ailleurs d’Aldébaran et Bételgeuse) y introduit une subtile touche de fantastique, d’autant plus crédible que le reste du récit est parfaitement réaliste. Le dessinateur donne d’ailleurs toute la mesure de son talent graphique en intégrant parfaitement quelques éléments inattendus dans les somptueux décors de la savane africaine, en témoigne ce somptueux palais italien perdu aux portes du Kilimandjaro et les quelques spécimens dévoilés de faune extra-terrestre.

L’ensemble donne une saveur particulière à cet album à deux niveaux, mêlant habilement l’espionnage à la science fiction. Gageons que les prochains épisodes nous réservent un certains nombre de surprises qu’il nous tarde de découvrir.

Kénya 1 – Apparitions , par Leo et Rodolphe – éditions dargaud – 62 FF