Il y a trente ans naissait dans le numéro 502 de l’hebdomadaire Pilote, le 19 juin 1969 très exactement, l’un des premiers personnages féministes de la bande dessinée : Cellulite.

Cotoyant des auteurs déjà très fameux comme René Goscinny, Fred, Morris, Albert Uderzo, Jean-Michel Charlier entres autres, Claire Bretécher assiste donc à la première parution de Cellulite, Salade pour Cellulite un récit complet en cinq planches qui sera suivi par quelques autres et enfin par cinq histoires à suivre à compter du 12 novembre 1970.

La carrière de Bretécher s’était, jusque là, surtout cantonnée à des histoires pour la jeunesse qu’elle publiait dans divers hebdomadaires, en particulier Spirou. Cette fois, il lui est désormais possible de s’adresser à un public plus “adulte”. Princesse d’une exceptionnelle laideur, Cellulite fait le drame de son roi de père, lequel a une idée fixe : lui trouver un mari… Notre princesse elle-même n’aspire qu’à convoler en de justes noces… mais les prétendants sont rares et la “belle” très exigeante car il lui faut trouver le prince charmant.

Femme libérée mais très encombrante, Cellulite s’est alors affirmée comme un des personnages clefs du journal Pilote. Merveille d’humour grinçant, cette série préfigure les célèbrissimes Frustrés sans oublier les délicieuses créations de Bretécher au sein du fameux magazine L’Echo des Savanes.

Le conte de fées s’interrompt en 1977, mais notre héroïne aura bienheureusement fait entretemps l’objet de deux albums chez Dargaud Editeur : Les Etats d’âmes de Cellulite en 1972 et Les Angoisses de Cellulite en 1974.